reportage

        L'I.M.E la maison des enfants au pays à Poligné

 

  Un IME (institut médico-éducatif) est un établissement qui accueille des jeunes affectés de handicap psychiques ou mentaux. Cela va de la psychose aux troubles du spectre autistique, en passant très souvent, par des troubles du comportement et des déficiences.

  Ces enfants et adolescents ne peuvent pas être accueillis dans les milieux dits « ordinaires ». En effet, ils nécessitent une prise en charge spécifique, adaptée à leur handicap.

 

  On peut dire que la structure est dans la continuité de « l'école expérimentale de Bonneuil » fondé par le psychanalyste Maud Mannoni et les éducateurs y aillant travaillés, fondateurs du Centre de Guénouvry, Rose-Marie et Yves Guérin. En effet, l'IME accorde beaucoup d'importance à articuler le cas par cas et la vie du collectif.

 

  L'IME la maison des enfants du pays nous a fait l'honneur de nous accueillir toute une journée, pour que nous puissions réaliser cet article.

 

  L'IME fut fondé en 1981, par Christian Lucas, qui créa l'association « les enfants au pays ». C'est cette dernière qui gère l'établissement.

 

  La structure se trouve dans une petite commune de 2000 habitants, Poligné, à 20 Km de Rennes.

  Même si le village a de moins en moins de commerces et d'activités, l'IME s'efforce toujours de conserver des liens entre les habitants et les résidents. Toutes les semaines, les jeunes vont acheter leur pain à la boulangerie.

 

  Les bâtiments de l'IME sont flambants neufs et d'une architecture très agréable. Les pièces sont spacieuses, colorées et pensées pour toutes les activités d'un IME. Une pièce pour les arts plastiques, une autre pour la musique, etc...

  Une partie du bâtiment est consacré à l'internat. En effet, certains jeunes sont accueillis la journée et retournent le soir dans leur famille, à l'HP ou dans leur famille d'accueil. Sept autres dorment à l'IME. Ils ont leur propre chambre et ils partagent un salon (avec une grande télé), une salle à manger et différents sanitaires.

  Dans l'enceinte de l'établissement, de nombreux espaces verts ponctuent le cadre.   L'IME est entouré de champs de blé et par la forêt.

 

  L'IME accueille une vingtaine de jeunes. Son personnel compte 30 personnes : une vingtaine d'éducateurs, un directeur, deux psychologues, un psychiatre, une « maîtresse de maison », une femme de ménage, un ouvrier, une secrétaire et une comptable...

 

  A la rencontre de jeunes présentant des troubles complexes et singuliers, ils adoptent des méthodes éducatives qui partent du désir de la personne.

  La maison des enfants du pays fait tout pour que le jeune gagne en autonomie, en construisant son propre chemin. Mais il ne s'agit pas d'une autonomie « libérale », ou chacun ne doit compter que sur lui-même, mais plutôt la recherche pour trouver sa propre place, avec l'aide des autres.

  La question est donc : qu'est-ce qui, pour la personne, peut permettre de créer du lien ?

 

  Les bizarreries, les petits délires ne sont pas à éradiquer. Non, ce qu'il faut, c'est susciter, avec beaucoup de patience, le désir de faire des activités, des tâches qui ont un sens pour une personne dont le handicap a pu « dérégler » le rapport à l'autre et au monde.

  Inutile de dire que toute l'équipe de l'IME voit toujours du potentiel même chez les personnes les plus handicapées. Et d'ailleurs, si un jeune va mieux il peut travailler en ESAT (centres où les handicapés travaillent).

 

  Donc, croire au potentiel de chacun et aussi croire qu'il reste une « raison », une partie saine dans les manifestations les plus étranges.

 

  Au niveau thérapeutique, l'équipe pense que les jeunes ont tous un savoir sur eux- mêmes et que dès lors, il faut construire un savoir à deux, le jeune et le professionnel. Avec l'aide de l'adulte, le jeune invente ses propres solutions. Ce travail s’effectue également en s’appuyant sur le savoir des parents.

 

  Au niveau des médicaments, le médecin psychiatre ajuste le traitement pour que la personne garde autant que possible ses capacités cognitives et puisse continuer à élaborer ses projets et conserve ses envies et ses émotions.

 

  Un autre point aussi très important est la non-spécialisation du personnel.

  En effet, un jeune n'adapte pas son comportement selon le statut professionnel d'un adulte.

  Il est en contact avec toutes les personnes et personne ne peut dire vers qui il va créer une relation. Cela peut être l'éducateur, bien sûr, mais aussi la femme de ménage, la secrétaire ou encore le chauffeur, etc...

  Alors que certaines institutions pourraient empêcher la relation (ce n'est pas votre rôle, chacun à sa place, etc...), à l'IME de Poligné on encourage toutes les inter-actions sociales. Plus on multiplie les possibilités d'entrer en relation, plus on multiplie les chances, pour le jeune, de créer une relation.

 

  Mais travailler la relation demande des moyens, notamment en personnel.

  En effet, même si des méthodes éducatives innovantes, des formations adéquates, des personnes expérimentées sont très importantes pour accueillir les jeunes, il est nécessaire que le personnel soit en nombre. Une personne très handicapée nécessite beaucoup d'attention et de disponibilité mentale.

  Or, un éducateur qui serait trop isolé, par un manque de collègues, ne pourrait pas être attentif et vigilant aux fluctuations et autres acrimonies des jeunes.

 

  C'est donc un travail d'équipe. Et plus, l'équipe est soudée, se parle, est cohérente et va dans le même sens, plus le travail éducatif et thérapeutique est efficace.

 

  Car chaque structure a sa « micro culture ». Elle est composée de valeurs partagées, d'expérimentations commune, du sens donné au travail et d'un système de reconnaissance réciproque.

  On observe à l'IME une « micro culture » faite de solidarité et de travail en commun. Les éducateurs se parlent beaucoup entre eux, de l'évolution des jeunes, des évènements et du cours des activités. La ténacité de toute l'équipe et de son directeur permet une prise en charge de qualité, respectueuse de la dignité de chaque personne.

 

  L'IME s'efforce aussi de donner une existence sociale à tous les jeunes.

Par exemple, quand un jeune est intéressé par la réalisation d'une tâche, d'une petite mission, les encadrants peuvent lui faire signer une convention de stage.

  En effet, les jeunes ont besoin, comme tout le monde, d'une reconnaissance sociale.

  Donner un statut valorisant à une personne, c'est lui reconnaître une qualité, et même un peu, lui dire qu'il a une place dans la société.

 

  Cette journée, passée à l'IME de la maison des enfants au Pays, nous a montrés que s'occuper de jeunes handicapés est un réel métier qui mobilise savoir-faire et surtout savoir-être. On pourrait même dire que c'est un art qui s'entretient. En effet, il n'existera jamais une science, un mode d'emploi, un protocole pour rentrer en relation avec des personnes, parfois si singulières.

  A l'heure du tout libéral et des idéologies comptables, il faut réaffirmer que l'humanisme ne peut pas se limiter aux personnes conformes.

  L'altérité et la vulnérabilité ne doivent pas nous faire peur, même si elle reflète nos propres angoisses.

  Prendre soin des plus affaiblis, c'est penser que finalement, nul n'est si fort que ça.   

                   

Rennes, le 29/09/2019

    Conférence SISM du 19 septembre 2019       avec Eric Verdier

 

 

  Le collectif de la Semaine d'Information sur la Santé Mentale (SISM) de Rennes avait décidé de renouveler l'expérience de l'année dernière, en organisant une conférence, dans le but de lancer les évènements de la SISM de 2020.

 

  Cette année, elle porte sur le thème : discriminations et santé mentale.

 

  Nous avons donc invité « un spécialiste ».

  En effet, Eric Verdier, psychologue communautaire, nous a fait l'honneur de venir parler des discriminations.

  A vrai dire, Eric Verdier a suscité beaucoup de choses en nous.

  Tout d'abord, parce qu'il est vraiment un « intellectuel engagé ». Il ne se contente pas d'élaborer des notions et des concepts, il allie action et recherche.

  En plus, d'être responsable du pôle «discrimination, violence et santé» à la société d'entraide et d'action psychologique, il a mis en place avec d'autres, le dispositif «sentinelles et référents», qui a pour but de former et de sensibiliser des élèves aux problématiques du harcèlement scolaire, pour qu'ensuite, ils repèrent et signalent des camarades en situation de bouc-émissaires. Ainsi, Eric Verdier met en pratique ses idées, en essayant dans les lieux publics (écoles, bar -tabac etc...) de responsabiliser les personnes pour endiguer les phénomènes de discrimination et de bouc émissaire.

 

  Et pour ce faire, avec d'autres, il a élaboré tout un paradigme sur les discriminations.

  Sa démarche est particulière, puisqu'elle se base sur la psychologie communautaire.

  Quèsaco ?

  En fait, il s'agit d'une posture, d'une pratique qui veut associer toutes les personnes-usagers, professionnels, entourages, militants associatifs- d'un champ, en partant du principe que nul n'a la science infuse, pas même les plus grands professeurs. Non, il faut que chacun apporte sa pierre à l'édifice, en co-construisant des savoirs et en évitant tous les clivages de statuts.

 

  Pour évoquer le travail d'Eric Verdier, on peut partir des 3 postures : Le bouc-émissaire, le pervers et le normo-pathe.

  Le bouc-émissaire est celui qui subit le harcèlement, les violences.

  Le pervers est celui qui « attaque », qui humilie et qui harcèle. Il prend du plaisir, on pourrait même dire de la jouissance, à faire du mal aux autres.

  Mais à cette dualité, le psychologue, en ajoute une 3ième : le normo-pathe.

  Il cite la célèbre phrase d'Einstein : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».

  Donc, celui qui voit et se tait est aussi responsable que celui qui harcèle. Oui, il est complice de la violence et il doit être inquiété, culpabilisé :

-Tu aimerais bien qu'on fasse ça à ton petit frère ?

-ect...

  Donc, pour Eric Verdier, on pourrait dire que les moutons sont aussi responsables que le loup...

 

  Une autre force de l'analyse du psychologue communautaire, c'est l'étude des processus.

  Notamment, celui qui conduit une victime, un discriminé à retourner la violence contre lui-même.

  Cela peut paraître un comble. Pour le comprendre, Eric Verdier utilise le concept d'intériorisation.

  C'est le fait de recevoir une étiquette et d'en faire son statut social principal. Au lieu de combattre cette étiquette, en la voyant comme arbitraire et non fondé, on va l'intérioriser, en la faisant sienne.    En s'auto-désignant comme un être à part.

  Et imaginez vous, qu'est ce que ca peut avoir comme conséquences pour la santé mentale, si un être humain arrive à la conclusion, qu'il est une erreur.

  Et bien à coup sûr, vous allez vous penser comme anormal, comme non-humain. Dès lors, vous pouvez vous dévaloriser et vous détester et être assaillis, sûrement, de doutes et de culpabilité.

  Cela peut même conduire, à l'apparition de pathologies mentales. (dépressions, troubles obsessionnels compulsifs, etc...)

 

  Les discriminations ne sont pas des phénomènes inévitables et il est faux de dire qu'elles sont inhérentes à tout type de sociétés. Plus une société est inégalitaire et véhicule des dominations, plus elle est susceptible de générer ce type de violences. On ne nait pas harceleur, on le devient. Et c'est bien la socialisation des personnes, ce long processus de conditionnement social, qui conduit à des codes et des références d'exclusion, propices à une légitimation

d'êtres supérieurs ou inférieurs.

 

  Dès lors, il semble essentiel, pour toute politique de promotion de la santé, de comprendre et de lutter contre les phénomènes de discriminations et de bouc-émissaires.

  Même si ces tragédies ont lieu dans toutes les sphères de la société, il apparait prioritaire d'agir au niveau de l'école, des collèges et des lycées.

  Il faut multiplier les initiatives, tel que « Sentinelles et référents ». Plus largement, il faudrait un plan, pour toute l'éducation nationale, pour sensibiliser les personnels, les adultes, aux ravages, aux fléaux de toutes les formes de discrimination.

 

  Le phénomène n'est pas un problème de chamailleries entre enfants ou d'histoires personnelles, mais bel et bien un problème collectif, un problème d'organisation des relations humaines, du vivre ensemble.

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  Fête du Centre Hospitalier Guillaume Régnier(CHGR)

                                du 24 Mai 2019

 

  Un hôpital psychiatrique n'est pas qu'un lieu d'enfermement et il s'y passe plein de choses.

  N'en déplaise à un dernier documentaire télévisé-dont je tairai le nom- tout ne va pas mal au CHGR.

  Des patients et des professionnels s'engagent-via un comité interassociatif- pour faire vivre des évènements culturels et festifs au sein même de l'établissement.

  Ensemble, ils ont construit, élaboré et organisé une fête sur le terrain de foot-ball.

 

  Lors de cette fête, chaque structure (associations, CATTP, etc...) avait son stand. Ils ont vendu de petits objets et diverses créations à petits prix. Toutes ces réalisations sont l'oeuvre des patients. Que ce soit une création florale, une chaise réparée, une poterie, une sculpture, un tricot, tout cela prouve la créativité et la perspicacité des usagers en santé mentale.

 

  Et quand des soignants croient au potentiel des soignés, valorisent leur singularité et font preuve de sollicitude, on réalise des évènements, avec eux ...et pour eux !

  En plus, pour vraiment pas cher, on a pu manger des frites et des galettes saucisses !

 

  Mais pas de fête sans concert.

  Cette année, les organisateurs ont mis le paquet. Ils ont invité une « star » de l'interprétation de la variété française et internationale : « Costic »

  Lui et ses danseuses ont mis le feu à l'hôpital.

  Le chanteur, se travestissant pour chaque interprétation, a bluffé toute l'assistance, tant ses imitations étaient justes et spectaculaires.

  Nous n'étions plus à l'HP, mais dans un concert ressemblant à n'importe qu'elle autre concert.

 

  Il est certain que pour tous les patients et notamment pour ceux qui ont du retourner dans leur unité après l'évènement, la fête du CHGR fût une bouffée d'oxygène de vie sociale et de convivialité.

 

  Surtout, nous invitons les médias-notamment les grandes chaînes de télévision-à sortir de leurs approches souvent trop négatives, pour venir voir et parler, du mouvement, des réalisations de tous ceux, soignants et soignés, qui veulent une vie sociale et culturelle, à l'intérieur même de la psychiatrie.

                                                        AG de l'autre Regard

                                           du 26 Avril 2019

 

 

  L'Autre Regard est la plus importante association « psy » de Rennes.

  Elle compte plus de 200 adhérents. Elle propose : « des espaces de rencontre basés sur la créativité et différents modes d'expression ».

  A l'inverse de certaines structures, à Rennes, elle est composée de nombreux animateurs salariés (presque dix) et d'une direction.

 

  Cette AG fut l'occasion de faire le bilan de l'année 2018.

  Le plus grand événement fut l'acquisition de nouveaux locaux, à la Donnelière. Cela a permis de mieux accueillir toutes les activités proposées par l'association.

  Et il y en a un nombre incroyable : théâtre, vidéo, peinture, informatique, jeux de société, ping-pong, philo,etc... Et bien sûr toutes les sorties. On compte plus de 48 « temps » dans la semaine.

  Le plus souvent, toutes ces activités sont co-animées avec des adhérents bénévoles.

 

  La grosse actualité de l'association, c'est la poursuite, imposée par certains financeurs, de la structuration en deux entités : GEM et accueil de jour.

  Le GEM, Groupe d'Entre-aide Mutuel, est l'organisation qui permet aux « usagers » de créer et de faire vivre des activités, de façon autonome, mais avec l'aide de professionnels salariés.

  Le GEM permet donc à des personnes en fragilité psychique et souvent exclues de la vie sociale, de retrouver du pouvoir, une emprise dans leur existence sociale.

 

  Quant à l'accueil de jour, il est plutôt un dispositif médico-social centré sur l'accompagnement personnalisé.

  La prise en charge doit être efficace et montrer qu'elle fonctionne. On doit savoir ce qu'on fait.

  Elle s'oppose donc à la philosophie historique de l'Autre Regard qui fut et est encore basée sur la liberté et la spontanéité des adhérents.

  En gros, vous venez dans l'asso, vous n'avez pas à montrer « patte blanche », vous n'êtes pas jugé et vous vous insérez dans le collectif sans avoir à rendre des comptes.

  En effet, si l'on demande trop de papiers, de justifications aux bénéficiaires, ils peuvent le ressentir comme une intrusion, un contrôle, qui au final, les fera se détourner de la structure.

  On ne réglera pas les problèmes de santé mentale à coups de procédures et de protocoles.

  Même si l'accompagnement personnalisé, le contrat peut susciter un engagement et une motivation, il ne faudrait pas qu'il freine l'inventivité, la créativité des adhérents, dans la recherche de solutions pour eux-mêmes.

 

  L'Autre Regard doit garder son âme.

  Elle doit continuer à être soutenu, notamment financièrement, car toutes les dynamiques humaines qu'elle crée et qu'elle a créé, sont une aide précieuse pour les personnes en fragilité psychique de Rennes.

           30e semaine d'information sur la santé mentale

                                                           à Rennes du 16 Mars au 5 Avril 2019

                 santé mentale à l'ère du numérique

 

 

  Cette année, la Semaine d'Information sur la Santé Mentale, la SISM, portait donc sur le rapport entre santé mentale et numérique.

  Le numérique envahit nos vies et il a un impact majeur sur notre santé mentale. Il est source d'inquiétudes, d'espoirs et d'interrogations.

  Le numérique peut-il devenir une addiction ?

  Peut-il aider les personnes en souffrance mentale ?

  Dois-je laisser mon jeune enfant tout seul avec une tablette ?

  Etc …

 

 

  Le forum

 

  Cette année, le forum fut de retour sur la place de la mairie. Symboliquement, cela montre, qu'à Rennes, la santé mentale, sujet toujours aussi tabou, a le droit de cité. En outre, cela a permis de « capter » beaucoup plus de monde.

  Tout au long de la journée, les bénévoles et membres du collectif de la SISM, n'ont pas arrêté d'aller vers les gens, pour leur présenter le programme de la SISM.

  En outre, diverses animations eurent lieu.

  Un petit film, « le cosmos mental », fait par Psycom, fût l'occasion de parler de santé mentale et de questionner les gens sur les conditions d'une « bonne santé mentale ».

  Des panneaux étaient installés sous la tente. Ils ont interpellé les passants sur des déclarations pétris de préjugés sur les troubles psychiques. Ils étaient accompagnés de réponses, factuels, déconstruisant les préjugés.

  Le public pouvait aussi s'essayer à des jeux collaboratifs, organisé par l'association « 3 hit combo » .

 

  Mais comment toucher plus de personnes ?

 

  Notre arme fut l'association Psycomédie. Ainsi, deux comédiens de talents ont offert des œufs aux chocolats aux passants. A l'intérieur, un thème sur la santé mentale, que les deux « troubadours » ont transformé en petites scènettes. Puis échanges sur des questions de santé mentale et invitations à s'intéresser à la SISM.

  Ce fut aussi l'occasion, avec tous nos flyers et documents, de présenter toutes les structures de Rennes.

  Et pour tous les acteurs en santé mentale, c'est aussi le moment de se voir et de se revoir, d'avoir des nouvelles, d'échanger sur les évènements à venir.

 

  au cinéma

 

  Après ce moment « militant », nous somme allés, à 20 h, voir le film « her » au TNB.

  Ce film d'anticipation, réalisé par Spike Jonze, nous montre une société où on ne vit quasiment plus avec les êtres humains, mais avec des oreillettes qui font à peu prêt toutes les tâches de communication (envoi de mails par voix vocale, etc...)

  Le protagoniste installe un nouveau logiciel « intelligent » qui apprend tout seul et devient autonome.

  Cet être humain va donc tomber amoureux de ce logiciel, donc de son ordinateur et vivre une histoire d'amour avec lui...

  Ce qui est frappant dans ce film, c'est qu'on a l'impression que tout le monde vit dans sa bulle.

  Rien à voir avec aujourd'hui ?

  Et bien, si l'on observe les gens dans le métro, dans une salle d'attente, ou sur un banc public, on peut dire que c'est déjà presque le cas.

  En effet, les gens qui ne décrochent pas de leur smartphone-on ne voit plus leur visage-sont tout le temps ailleurs, de moins en moins en intrer-actions avec les personnes physiquement présentes.

 

   La téléconsultation

 

  Le lundi 18 Mars, à la maison des associations, eût lieu une conférence-débat intitulée : « Les enjeux de la consultation : apports et limites »

  Nous avons parlé de cette opportunité, qu'est la possibilité d'avoir une consultation médicale via la visioconférence.

  Pour en débattre de façon concrète, le docteur Fanny Jacq, fondatrice de la plateforme Doctoconsult, a animé la soirée.

  Bien sûr, comme souvent quand on parle de nouvelles technologies, beaucoup de fantasmes peuvent s'agiter.

 

  Mais on peut légitimement avoir peur d'une chose : la téléconsultation peut-elle supplanter la consultation physique classique ?

 

  Le docteur Fanny Jacq nous a expliqué que la téléconsultation était un outil complémentaire à la psychiatrie de visu.

 

  En effet, dans certains cas, la visioconférence peut pallier des carences.

  Dans un monde où l'on voyage de plus en plus et où l'on part s'installer à l'étranger de plus en plus, la téléconsultation permet de ne plus rompre la relation avec son psy.

  En effet, si vous avez réussi à construire avec votre thérapeute, une « bonne relation » , il serait dommage de la rompre, en rechignant à la téléconsultation.

 

  Les autres arguments sont liés à l'organisation des soins en psychiatrie en France.    Malheureusement, les psychiatres sont débordés et ils manquent cruellement de temps.

  De façon pragmatique, ils peuvent une fois leur semaine faite dans leur institution, avoir un peu de temps le samedi matin. Pourquoi n'utiliseraient- il pas ce temps, entre deux croissants et sans sortir de chez eux, à s'occuper en libéral, de quelques patients.

 

  L'autre réalité de la psychiatrie, en France, c'est la concentration des psys dans quelques régions (Ile de France, Sud-Est, etc...) et la désertification dans d'autres régions.

  Dès lors, pourquoi un patient, en « zone blanche », se priverait-il d'un très bon psy parisien, qu'il pourrait avoir grâce à la téléconsultation ?

 

  Nous voyons donc qu'il existe de nombreux intérêts à la téléconsultation.

 

  Mais elle soulève aussi des doutes et des inquiétudes.

 

  Tout d'abord, est ce que voir son thérapeute, via l'écran d'un ordinateur, c'est la même chose que le voir dans la vie tangible ?

  Le meilleur moyen de traiter des troubles psy reste le travail sur la relation humaine entre un soignant et un soigné.

  Mais ce n'est pas qu'un échange de mots.

  C'est aussi un échange de regards, de mimiques, de sourires, de grimaces etc...

  Bref, la relation se passe aussi par le corps.

  Or, a-t-on les mêmes sensations lors d'une rencontre via l'écran qu'avec une rencontre classique ?

  Certes Fanny Jacq nous a expliquée que la règle était qu'avant toute téléconsultation, il devait y avoir une rencontre en « présentiel ».

  Elle a bien insisté sur le fait que la téléconsultation n'avait pas pour vocation de remplacer des consultations classiques.

 

  Mais à Info Psy Rennes, nous voyons toujours le mal partout et mauvaises langues, nous ne pouvons nous empêcher de prendre en compte les intérêts économiques.

  Le constat est alarmant. Les services publics de psychiatrie (hôpital, CMP, etc...) manquent cruellement de soignants, notamment de psychiatres.

  Les délais d'attentes explosent. La durée de consultation et la fréquence des consultations se réduisent de façon drastiques.

  Les financeurs expliquent qu'ils sont obligés de réduire les coûts.

  Or les plates-formes de téléconsultations coûtent moins chères.

  Il ne faudrait donc pas, qu'insidieusement, la visio-conférence remplace les consultations classiques (même si pour l'instant cela reste encore de la pure science fiction).

  Nous ne faisons pas de procès d'intention aux promoteurs de plate-formes

et nous ne doutons pas de leur sincérité.

  Mais malheureusement, l'histoire montre, que le libéralisme économique, peut parfois détourner des nouvelles technologies, pour « casser » les services publics. Et il ne faudrait pas arriver à un système à deux vitesses, avec la téléconsultation pour les plus pauvres et la consultation de visu pour les plus riches.

 

  Alors, à nous d'être vigilants et à faire que cet outil, la téléconsultation (et nous avons vu l'utilité qu'elle peut avoir) soit maîtrisée et au service de toutes ces personnes qui n'arrivent même plus à obtenir un RDV avec un psychiatre.

 

   Usages du numérique

 

  Les réseaux sociaux et/ou les jeux vidéo peuvent il devenir une addiction ?

  Quels sont les dangers des réseaux sociaux ?

  C'est avec beaucoup d'humour et de dérision que le duo théâtral « psycomédie » a abordé le sujet, le vendredi 22 Mars, à l'espace social Aimé Césaire.

  Les comédiens ont joué de petites scénettes propices à faire réagir la salle.

  De nombreux usagers étaient présents. Les artistes ont réussi a vraiment créer une bonne humeur. Dès lors, le public n'a pas hésité à questionner et interpeller les comédiens.

  Ce moment fut l'occasion d'aborder des problèmes très concrets.

 

   Les mots de passe

 

  Même les personnes en bonne santé mentale peuvent « pêter un plomb » parce qu'ils ont oublié un mot de passe pour une démarche (administrative, professionnelle, etc...) très importante.

  Encore, si nous avions qu'un seul mot de passe pour toutes nos activités sur internet, cela faciliterait les choses.

  Mais plus internet envahit nos vies, plus nous avons de mots de passe à retenir.

  En outre, on nous conseille fortement de ne pas les noter sur un papier (trop dangereux) mais de les retenir dans nos têtes.

  Voilà un aspect anxiogène du numérique.

 

  Vie privée, Vie publique

 

  Ce thème peut-être illustré de façon édifiante, par le film « the Circle » de James Ponsoldt.

  Avec psycomédie, nous avons évoqué le problème des photos mises sur les réseaux sociaux.

  En gros, il faut être très prudent.

 

  Nous avons pris l'exemple d'une jeune femme qui fête tranquillement Noël avec sa famille. Elle a un peu bu et s'est habillée « un peu classe », légèrement sexy. Un membre de sa famille, sans aucune intention malveillante, fait une photo d'elle, et la « poste » sur les réseaux sociaux.

  Le problème, c'est que cette photo, sortie de son contexte-la fête de noël-peut nuir à l'image de cette femme, en étant détournée.

 

  Mais il y a pire.

  Les comédiens nous ont raconté une histoire effarante.

  C'est une jeune femme qui est dans sa chambre et qui s'ennuie beaucoup.

  Il pleut et elle ne sait pas quoi faire.

  Alors pour s'amuser un peu, pour « délirer », elle se prend en photo elle- même, en selfy, dans des positions et dans des attitudes « sexy ». Elle prend juste des photos. Elle ne les partage pas sur internet.

  Un jour, elle vend son portable. Elle prend bien soin d'effacer tout ce qu'il y a en mémoire sur l'appareil.

  Sauf que, nous apprend Psycomédie, il existe une mémoire persistante, cachée.

  Le nouveau propriétaire du Smart Phone s'amuse à regarder ce qu'il y a dans cette mémoire cachée. Il trouve les photos de la jeune femme.

  Et, sans doute, pour faire le buz, il les publie sur internet.

 

  Le message de psycomédie n'est pas qu'il faille se priver des outils numériques, mais qu'il faut être prudent dans certaines utilisations à risque.

 

   Addictions et dangers

 

  Lors de la conférence du 18 Mars intitulée « écrans et jeux, pas tout le temps » l'addictologue, Morgane Quemeneur, nous a expliqué que l'usage du numérique ne pouvait pas devenir une véritable addiction. En tout cas, pas une addiction physique.

 

  Certe, une surconsommation de jeux vidéo, jeux de hasard et d'argent peut aboutir à une addiction psychique.

  En revanche, une consommation excessive peut engendrer des conflits dans une famille et une multitude d'inquiétudes pour les parents.

 

  D'ailleurs, le psychologue, Jean-Charles Chauveau nous explique que les tensions entre les parents et leurs enfants, liés aux jeux vidéo, peuvent venir de l'ignorance des parents en la matière.

  Par exemple, si vous autorisez votre enfant à commencer une partie de jeux de rôles, il ne faut pas vous étonner qu'il refuse de venir dîner une demie-heure après. Non, il sera tellement pris par le jeu et surtout en lien avec sa « guilde » (sa bande de joueurs), qu'il ne peut pas arrêter le jeu comme ça.   C'est un peu comme si vous autorisiez votre enfant à faire une fête chez vous, mais que vous décidiez de tout arrêter à 22 h, alors que la fête vient à peine de commencer.

 

  Sur ce sujet, les jeux vidéo, la conférence du 27 Mars aux champs Libres, intitulé « Les dangers du numérique : mythes et réalités » a apporté beaucoup d'éléments intéressants.

  Le conférencier, Yann Leroux, se présente lui-même comme un « geek psy ».

Il explique qu'il faut arrêter de culpabiliser les gens avec leur consommation de jeux vidéo. Ce ne sont pas des drogues. Ils ne sont pas plus dangereux qu'une partie de cartes entre amis qui finit très tard la nuit.

 

  Mais la question pourrait être : si une personne développe une pathologie psychique, peut-on l'amputer à une surconsommation de jeux vidéo ?

  Cette question ressemble un peu à celle entre le lien entre cannabis et la schizophrénie ?

  Ceci interroge aussi la question du lien social.

  Des personnes fragilisées, en replis sur-elles mêmes, n'arrivent plus à avoir l'énergie et les compétences sociales pour aller vers les autres. Dès lors, est ce que les jeux vidéo pourraient être un palliatif « positif » pour ces personnes ?

 

  Durant la table ronde-débat du jeudi 21 Mars, intitulé, « Les médias et les usagers », une intervenante, membre de l'UNAFAM, a clairement répondu à cette question.

  Pour elle, le numérique a permis à son fils, avec des troubles schizophréniques, de se reconnecter avec les autres.

  Au début de façon virtuelle, certes, mais pas que.

  Les amis qu'il s'est fait sur la toile sont devenus des amis dans le monde réel.

  Mais est ce que ce passage du monde virtuel au monde réel est très répandu ?

 

  Plus généralement, dans nos vies, n'y a t'il pas une concurrence entre notre temps passé sur internet et note passé en interactions direct.

 

  Et si le numérique est un moyen incroyable de susciter nos désirs, ne nous enferme t-il pas dans des « passions creuses » ?

 

  La multitude des possibilités de communiquer ne nous renvoit-elle pas à des simulacres, un zapping, cache-misère de nos solitudes ?

  Peut-être que le plus important est que le numérique soit une œuvre collective au service du lien social.

 

   Associations « psy »

 

  Le café-citoyen du mardi 19 Mars, intitulé « numérique et associations hospitalière : nouveaux usages, nouveaux partages » montre que le numérique peut être un outil d'inclusion sociale.

 

  Historiquement, avec entre autres, le mouvement de la psychothérapie institutionnelle d'après-guerre, des clubs et autres associations, ont fleuri dans les hôpitaux psychiatriques de France.

  C'était l'idée et c'est toujours l'idée que la thérapie peut aussi venir de la vie sociale et des œuvres collectives.

 

  Les patients d'hier et d'aujourd'hui ont souvent le sentiment qu'ils ne peuvent pas s'exprimer et qu'on ne leur donne pas la parole.

  Dès lors, de nombreuses associations hospitalières ou d'autres structures psy ont créé leur propres journaux.

  Bien sûr, ils parlent de la vie et de l'actualité de leur asso, mais ils évoquent aussi des sujets sans rapport avec la santé mentale.

  Les hobbys et autres passions sont des moyens de lutte contre la déprime et l'isolement.

  Et c'est encore plus chouette quand on peut les partager avec les autres, en écrivant un article sur le sujet.

 

  Mais le problème des journaux papiers, pour des petites structures est le coût de l'imprimerie et la difficulté de la diffusion.

  Grâce à internet, tout un chacun, petites ou grandes structures peut s'exprimer beaucoup plus facilement.

  Surtout, les petites structures ou même des individus, peuvent, pour une somme modique, être présent sur internet en achetant juste un nom de domaine.

  Et grâce à des éditeurs intelligents, ils peuvent créer des sites attractifs sans pour autant être des pro de l'informatique.

  L' « écho des esprits », le blog de l'association « réseau 5 » est même un lieu de discutions puisqu'il permet « à tous ceux se sentant concernés de près ou de loin par l'association réseau 5 » de déposer des réactions et des commentaires sur le site en s'inscrivant via son adresse mail.

 

  Nul ne peut nier que l'outil internet permet d'améliorer considérablement la communication et l'expression.

  Elle favorise le dialogue, le travail des personnes qui auparavant n'auraient pas pu rentrer en contact, ou aurait par la poste, dû attendre longtemps avant d'avoir eu une réponse.

  Le numérique, c'est donc l'instantanéité et la possibilité de parler au monde entier (enfin avec tous ceux qui sont connectés).

  Il paraît donc évident que face à cette « marée » inéluctable, il fasse tout faire pour que les personnes fragilisées et parfois très éloignées de l'informatique (personnes âgées, avec des troubles psy engendrant des déficiences cognitives, etc...) participent à l'avènement du monde numérique.

  Ainsi, il faut développer les blogs des structures psy et créer encore plus d'aidants au numérique.

 

 

  Pour conclure,

 

  Les différentes actions de la SISM de Rennes ont répondu, dans leur diversité, à comprendre l'impact du numérique sur notre santé mentale.

 

  On pourrait dire que les réactions sont de trois ordres.

 

  Ceux qui pensent que le numérique est plutôt contraignant et qu'il s'ajoute aux pressions sociales déjà existantes. En gros ça les « em...de ».

  Ils font aussi remarquer que l'informatique, c'est bien, mais quand ça veut bien marcher. Dans les débats, on ne parle jamais de tous ces bugs qui nous pourrissent la vie !

 

  D'autres au contraire, font l'apologie du numérique et pensent qu'il est une chance pour l'humanité.

 

  Les plus nombreux répondent : « oui, mais »

Ils pensent qu'une utilisation raisonnée, prudente et critique du numérique permet le rapprochement des humains et donc un pouvoir d'expression à ceux qui ne l'auraient jamais eu.

 

  Mais la critique la plus récurrente contre le numérique est le contrôle social et le comportement des GAFA.

  Il est effrayant de voir qu'une oligopole est en train de se constituer un magot de nos données personnelles.

  La mascarade est dantesque. Ces multinationales sont magnanimes : ils nous offrent des supers services, gratuitement.

  Mais comme le dit le nouveau adage : si c'est gratuit, c'est que c'est vous qui êtes le produit !

  Ce qui se passe, c'est que ces entreprises ont accès à nos données les plus intimes, notamment celles qui concernent notre santé mentale.

  Dès lors, on peut craindre qu'un état ou une compagnie d'assurances s'en serve pour juger de notre citoyenneté ou de notre rentabilité de soigné.

  Et c'est déjà le cas. En Chine, tous les citoyens sont « notés », pour évaluer leur « crédit social ».

 

  Mais revenons à la psychiatrie. La question pourrait être : est ce que le fait d'avoir beaucoup de données personnels (grâce au smart phone, à la montre connectée ect...) sur sa santé mentale, permet d'aller mieux ?

 

  Les patients n'ont ils pas plus besoins de vie sociale et d'intégration sociale que de savoir combien de pas ils ont fait dans la journée ?

 

  Les patients n'ont ils pas plus besoin de professionnels (soignants, éducateurs, assistants sociaux, etc...) bien formés et bien payés que de savoir combien de temps, à la seconde près, ils ont dormis ?

 

  L'argent dépensé pour notre santé mentale ne doit-elle pas plutôt aller vers une amélioration des conditions de soin que vers une certaine e-santé mentale, qui osons le dire, n'est souvent qu'un gadget de plus.

 

  Mais ne soyons pas négatifs et pessimistes. Nous avons vu dans cet article que le numérique pouvait aussi activer ou ré-activer le désir et donc permettre un processus de soin et une réhabilitation psycho-sociale.

 

  Ce qui est certain, c'est que sans le numérique, Info Psy Rennes n'existerait pas...

 

 

 

                          La plénière du Coneil Rennais en Santé Mentale

                                                 le mardi 26 Mars à la maison des associations

 

  Cette année, la plénière du CRSM fut très vivante et interactive.

  Après une intervention très fournie de l'anthropologue Pascal Plantard , on donna la parole aux acteurs en santé mentale qui utilisent le numérique comme vecteur d'expression et/ou d'inclusion sociale.

  Des expériences riches, originales qui montrent qu'à Rennes et ailleurs, les initiatives en Santé Mentale sont aussi fructueuses que dans d'autres domaines (culturelle, économie sociale et solidaire, etc...).

  Le numérique permet l'expression (l'écho des esprits, IPR ,etc...) et l'accès au travail et à la création (Atypick, My human Kit, etc... )

  Cela prouve que le numérique, quand les usagers s'en en part, est une chance pour la promotion de tous leurs talents.

  En effet, la créativité, l'innovation sont les forces de beaucoup de personnes en troubles psychiques.

  Et si, comme ce fut le cas pendant cette plénière, on leur donne un peu de reconnaissance sociale et de soutien, cela développe les compétences et "l'empowerment" des usagers.

  Les organisateurs de la Plénière ont aussi mis en place, après les interventions des différentes structures, un forum déjeunatoire où chaque structure avait son stand.

  Ce fut donc l'occasion de prendre des contacts, d'échanger et de s'expliquer pour que toutes ces « belles histoires » liées au numérique puissent se développer.

  Et oui le lien social ça s'organise !

  Merci à tous les organisateurs de cette plénière.

                  Café rencontre de l'UNAFAM* du 27 février 2019

 

 

*L'unafam est l'union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques

 

 

  L'UNAFAM Ile et Vilaine poursuit ses efforts pour informer et mettre en débat sur les questions de troubles psychiques.

  Pour cette réunion de rentrée, elle s'est associée avec « le bistrot mémoire de Rennes ».      Cette dernière est une association qui aide les gens concernés par les maladies neurodégénératives.

  En outre, le CREFAP (Centre Ressource Famille et troubles Psychotiques), un des partenaires de l'UNAFAM Ille et Vilaine, a contribué à l'animation de la soirée.

 

  Cette rencontre fut l'occasion d'échanger sur les ressources et stratégies que l'on peut mobiliser face à la « maladie » d'un proche.

 

  On peut retrouver des similitudes entre des personnes affectées de troubles psychiques et celles atteintes de troubles cognitifs.

  Notamment sur l'engagement des aidants.

 

  La question peut être simple : comment aider un proche qui perd beaucoup d'autonomie ou se met en danger ?

 

  Et même si on aime son proche, on ne devient pas un aidant « efficace » comme ça. Ce n'est pas inné, ça s'apprend.

 

  Ce qui peut être difficile, c'est de gérer ses réactions et émotions, par rapport à un lien forcément très affectif. Les pères et plus souvent les mères-par effet du genre- peuvent avoir tendance à surprotéger leur enfant. Et même à devenir infantilisants.

  Dès lors, il est nécessaire que les parents trouvent la bonne distance avec leur enfant.

  D'ailleurs, « l'aidé », le « malade » doit aussi faire un effort pour que ses parents ne soient pas trop proches. Ils ne sont pas son psy ou son confident. Chacun son rôle !

 

  Le café rencontre de l'unafam révèle aussi le besoin d'informations des aidants. Malgré les efforts des uns et des autres, il persiste, pour les « entrants » dans le trouble, une certaine solitude. Heureusement que des bénévoles sont là pour organiser des réunions d'informations et d'échanges !

  Souvent, la solidarité se fait entre ceux qui sont concernés par le trouble depuis longtemps et ceux qui « entrent » dans le trouble. La transmission, par les plus « anciens », de connaissances, de stratégies et d'astuces permet aux « novices » de trouver les meilleures prises en charges pour leur proche.

  Et transmettre ce n'est pas que charitable, ça fait aussi du bien ! En effet, cela peut engendrer un fort sentiment d'utilité et de reconnaissance.

  Surtout, on se rend compte que de nombreuses personnes vivent les mêmes difficultés.       Or ça ne sert à rien de rester seul face à des maladies aussi bouleversantes et avec ce sentiment d'impuissance, qui peut vite se transformer en un total découragement. Non, mieux vaut lutter ensemble, avec des associations qui permettent de se rassembler, de mutualiser les moyens et de ne plus subir le cercle vicieux de ces maladies si isolantes.

 

  L'autre difficulté pour les aidants est la peur que peut engendrer les troubles psys ou cognitifs.

  Pourquoi cette peur ?

  Parce qu'ils ont un effet miroir sur les failles et renoncements des personnes « saines ».      Regarder les troubles psychiques, c'est regarder, via les personnes les plus fragilisées, tous les dysfonctionnements de notre monde. C'est pour ça, que le combat pour une meilleure santé mentale est le combat de tout le monde. Et pas celui du chacun pour soi.

              Les 10 ans du café du GEM l'Antre-2

                                        le 22 novembre de 18 h à 21 h

 

  Depuis plus de 10 ans, en plus de ses activités réservés aux membres, l'Antre-2 a mis en place un café ouvert à tous et toutes.

  Généralement, les jeudis sont consacrés à une soirée, avec des artistes qui viennent apporter une dimension culturelle de qualité à l'association.

  Mais le jeudi 22 novembre, ce fut la fête, car nous avons célébré les 10 ans du café.

 

  La salle était pleine et la convivialité au rendez-vous. Outre les adhérents et les animateurs, les divers responsables de structures psy, de nombreuses personnes, non concernées par les troubles psy, étaient présentes : des voisins, des sympathisants, et même une personne qui fait de l'amap à côté du local …

  Dès lors, pour cette soirée, une véritable mixité, une "intergénérationnalité", a permis une fête joyeuse et riche de nos différences.

 

  L'animation de la soirée fut entretenue par deux musiciennes, Raphaëlle et Corinne, membres du collectif « tête à l'est ».

  Elles ont merveilleusement bien mis « l'ambiance » par leur talent de musiciennes et surtout par leur volonté de faire participer toute la salle.

  Nous avons donc chanté, dansé... et surtout nous nous sommes bien amusés.

 

  Les co-présidents de l'association nous ont dit un mot sur l'importance du café pour leur vie sociale. Tout simplement, un membre a dit : « ...c'est la vie qui s'affirme ici ».

  En effet, le GEM l'antre-2, créé en 2005, est un moyen efficace pour rompre l'isolement des usagers et pour retrouver du pouvoir sur ses activités. En s'engageant dans le GEM et dans son café, ils peuvent retrouver un sentiment d'utilité, propice à combattre les difficultés psychiques.

 

  Enfin, l'association nous a offert un pot et de délicieux mets, entièrement cuisinés par les adhérents (et oui, on n' a pas toujours besoin de faire appel à un traiteur pour le buffet).

 

  Cette soirée aura aussi été l'occasion de se revoir. Notamment, les ex-membres ont pus échanger avec les membres actuels sur l'évolution du café et du GEM.

  On a pu constater l'émergence d'une nouvelle génération, qui a été capable de créer une nette dynamique de groupe, propice à l'intégration de toutes et tous.

 

  Pour conclure, on peut dire que le café a réussi, au fil des ans, a « déghettoïser » une association psy, en rendant possible la rencontre de personnes en souffrance psychique et des personnes qui viennent juste la, pour la convivialité du lieu.

  Pour les 10 ans du café de l'Antre-2, souhaitons leur longue vie !

                 Conférence SISM, 27 septembre 2018 au Mabilay

                                                                       Xavier Briffault

                        (science sociales et épistémologie de la santé mentale, cnrs-cermes3)

quelques grandes évolutions dans la recherche et leurs conséquences sur la prise en charge des patients

 

 

  Et les nouvelles technologies s'occupèrent de la santé mentale …

 

  Est ce que le numérique peut apporter des choses positives à des personnes en troubles psychiques et même, a toutes personnes ayant des questions sur sa santé mentale ?

 

  Pour Xavier Briffault, chercheur en sciences sociales, la réponse est clairement oui.

  Lors de cette soirée, le conférencier nous a vanté tous les mérites du numérique appliqué à la santé mentale.

 

  Tout d'abord, avec éloquence, il a pointé les limites de la psychiatrie et plus globalement du traitement des troubles psy (petit ou gros).

  En effet, aujourd'hui, les informations, les données qu'on peut avoir sur un patient sont très limitées. La plupart du temps, il s'agit d'une brève consultation dans un bureau. Elle est trop courte, pas assez fréquente et limitée spatialement.

  Nous ne pouvons qu'abonder dans le sens de Xavier Briffault, quand il dit que la psychiatrie classique manque d'analyse sur les différentes situations, contextes et environnements du patient.

  Nous sommes aussi d'accord quand il critique la vision dominante de la psychiatrie, qui individualise, biologise, cérébralise la personne humaine, ne la voyant finalement que comme un individu « hors-sol ».

 

  Mais que propose -t-il à la place ?

 

  Un tout numérique, qui permettrai d'augmenter considérablement les données observables et les statistiques sur les personnes en souffrance psychiques. Dès lors, de façon pragmatique, la possibilité d'intervenir via une foule d'applis intelligentes.

 

  Mais la critique de la psychiatrie « hors-sol » ne date pas d'hier. Tout un courant de la psychiatrie alternative, dont notamment la psychiatrie institutionnelle avait déjà compris l'importance de mieux

connaître le patient, dans ses situations concrètes et quotidiennes, pour le resituer dans les multiples relations et rapports à autrui. Mais la fécondité de ces approches est l'importance de la relation physique, à l'opposé de la relation « virtuelle », celle avec des relations non-humaines.

  Jamais le numérique ne remplacera la nécessitée d'avoir un regard, une mimique, un sourire, des mots sincères, etc... Eux seuls sont capables de faire que le patient se sente considéré et écouté.

 

  Mais bon, le numérique n'est qu'après tout qu'un outil.

  Mais un outil est-il neutre ? Et surtout a-t-il-un intérêt pour la santé mentale ?

 

  A priori, on ne peut pas être contre un outil qui récolte des données personnelles et crée une incroyable statistique sur soi.

  Xavier Briffault nous a très bien exposé les différents supports utiles à la e-santé mentale.

  Il nous a notamment parlé du Smart Phone, bien sûr, et aussi beaucoup de la montre connectée.

  Avec ces machines on peut avoir tous les observables du passé et du présent, en temps réel. Par exemple, on peut avoir les marqueurs physiologiques (rythmes cardiaques, périodes diurnes, mouvements dans la journée, etc...), d'activités sociales (nombre de sms ou de mails envoyés, ) et donc on peu inférer des données psychologiques.

  Ainsi, si je ne me suis pas servi de mon Smart Phone, que le GPS a enregistré très peu de déplacement et que le frigo connecté n'a pas été ouvert, c'est que peut-être, que je couve une dépression.

 

  Mais quelle psychothérapie sous-tend l'e-santé mentale ?

  On peut dire que les thérapies comportementales et cognitives (TCC) se marient très bien avec l'approche numérique. C'est l'idée qu'on peut corriger « un mauvais comportement » ou « une mauvaise pensée » par toute une batterie de coercition, de s'interdire graduellement certaines choses. Se forcer à un autre comportement pourrait changer « un esprit malade ». Sauf qu'avec l'e-santé mentale, ce ne serait plus vous qui vous auto-contraindrez, mais la machine qui le fera à votre place.

  Plus globalement, on pourrait dire que toutes ces approches s'accordent pour dire que les troubles psychiques sont un manque de performance. Autrement dit, il faudrait toujours être performant et connecté pour être en bonne santé mentale. On peut aussi voir les troubles, notamment psychotiques, comme un manque d'adaptation. Mais tous ces outils ne vont il pas créer de nouvelles contraintes et convenances sociales, pour des personnes qui n'arrivent déjà pas à gérer la « normalité sociale ».

 

  En outre, le digital peut être anxiogène pour des personnes fragilisées (TOC, personnes âgées, handicapés cognitifs). En effet, l'informatique ça ne fonctionne pas toujours bien (les bugs, les contradictions, etc...).

 

  Mais Xavier Briffault va plus loin. Il nous parle de nouvelles villes entièrement connectées.

Entre les caméras connectées, les forces de l'ordre connectées (police, pompiers), les e-montres, les smart phones, les appareils domestiques connectés, qui toutes cherchent à se connecter entre-elles, on pourrait arriver à une connaissance très fine de notre "sociotope". Ceci faciliterait la vie de tout le monde et donc améliorerait la santé mentale de tous et toutes.

 

  Une autre grande question vient nous hanter : Qui va détenir et contrôler toutes ces données sur notre vie privée ?

  En effet, tout ce « data » n'est pas stocké sur nos appareils connectés.

  Elles sont quelque part, mais pas nulle part.

  Tous nos clics et opérations sur nos objets connectées laissent une trace indélébile, mémorisés sur des serveurs donc sur un lieu physique. Et la gratuité de tous les services qu'on peut avoir sur internet est un leurre. Comme on dit : si on ne paye pas en donnant de l'argent, c'est qu'on paye en donnant ses données personnelles.

  Toutes ces données de notre vie privée récoltés par les multinationales du numérique servent en fait à cibler notre profil, pour nous envoyer des pubs pour lesquelles on sera le plus sensible.

  Et ce qui fait encore plus peur, c'est qui dit qu'un jour ces multinationales ne vendront pas ces données personnelles à des assureurs ?

 

  Mais revenons à la santé mentale et à la situation de la psychiatrie aujourd'hui.

  Le problème n'est pas le manque d'objets connectés, mais la pénurie de moyens financiers et humains.

  A l'hôpital, les patients sont entassés dans des petites chambres jusqu'à 3 personnes, les activités thérapeutiques qui restaient sont en train de disparaitre et surtout la parole, faute de moyens, est de moins en moins accueillis. Quant aux soignants, ils souffrent aussi beaucoup et sont dépassés. Les infirmiers et aide-soignants font des burn-out et de nombreux psychiatres se suicident.

  Dès lors, pourquoi la collectivité devrait elle financer des programmes de développement du numérique alors qu'il y a tant à faire pour l'hôpital et le secteur public ?

 

  Bien sûr, il ne faut pas être anti-technologie. Et si certaines personnes, grâce au numérique vont mieux et bien tant mieux.

  En fait, la question est aussi : A qui s'adresse l'e-santé mentale ?

  Nous pensons que pour les personnes ayant des troubles psys graves (schizophrénie, bipolarité, etc...)ce n'est pas quelques objets connectés qui suffiront à les sortir de leur souffrance.

 

  Les êtres humains sont faits pour vivre avec d'autres êtres humains et les machines ne les remplaceront jamais.

                                          Tremplin Rock le 30 mai 2018

 

 

  Quoi de neuf au CHGR(l'hôpital psychiatrique de Rennes) avec l'été qui approche ?

 

  Et bien, le 30 mai 2018, de 11h à 20h, sur le terrain de foot du CHGR, a eu lieu un festival

de musique intitulé : « Tremplin Rock »

 

  Grâce à la motivation et à l'enthousiasme de soignants et de soignés, via les associations Ensemble, Suzy Rousset et l'Autre Regard, il fut organisé un moment de festivité et de « déconnection ».

  Notons la participation de l'hôpital et de la ville de Rennes. Cette dernière a prêté et installé des infrastructures (scène, etc...).

  L'évènement s'est aussi financé grâce à la vente de boissons et de nourriture.

 

  Pour les personnes hospitalisées, qui ont de moins en moins accès à des activités et encore moins à des évènements culturels, ce fut une bouffée d'oxygène de vie sociale.

Ils sont comme tout le monde, ils ont le droit d'accéder à une fête. Ici, l'entrée est libre et gratuite, il n'y a pas de vigile pour dire : « Toi tu rentres, toi tu ne rentres pas ».

 

  Peut-être que pour l'intégration sociale, il faudrait plus de fêtes publiques (fête de la musique, etc...) et moins de fêtes privées.

  Cela nous interroge sur la sociabilité, et même sur la socialité (les dimensions cachées, non dites du lien social).

  Le voir par rapport au « prisme » de la psychose est révélateur.

  Car si la personne s'isole, se replie sur soi, c'est aussi qu'elle ne rentre pas dans « le moule social ». Elle ne dit pas ce qu'il faut dire, a des propos incongrus, gênants, etc...

  En gros, elle ne joue pas le « jeu » de la sociabilité.

 

  Mais notre propos n'est pas ici de dire que les personnes psychotiques sont « des victimes sociales ». En effet, la pathologie psychique peut entraîner un manque de calcul social, une inadaptation qui ne peut être résolue que grâce à l'intégration sociale.

  Cependant, il reste vrai que la « privatisation de la vie », le chacun pour soi, le chacun vit sa vie et la diminution à des appartenances collectives (politique, religieuses, etc...) alimente la psychose des plus fragilisés.

 

  Concrètement, un évènement comme le « tremplin du Rock », ça permet d'oublier ses soucis, qu'on soit psychotique ou pas.

  La question est donc bien celle de l'accès et de l'accueil de personnes différentes, qui peuvent « déranger ».

  L'enjeu est donc social et politique : soit on construit une société de l'entre-soi au frontières sociales et culturels hermétiques, ou soit on construit une société aux rites sociaux qui intègre tout le monde et où les organisateurs et les animateurs font preuve de volontarisme par rapport aux « particularismes ».

  Dès lors, il ne faut pas "ghettoïser" les personnes en troubles psychiques, mais tout faire pour la mixité sociale.

  Et c'est ce qu'a joliment réussit a faire le tremplin du Rock, en mélangeant des groupes pro (Ooz Band, Fred K, A Benn, Marcequs Bastard, The Wall Factory, etc...) et amateurs, de patients (Studio Riff, Aliénation, les chats noirs dans le cosmos électriques, etc...) Tous musiciens quelles que soient ses difficultés.

 

  Le tremplin rock aura été un évènement convivial qui a permis de briser l'isolement de beaucoup d'usagers des services psy.

  Encore une fois, nous ne pouvons qu'exhorter les financeurs à soutenir de telles initiatives et à les multiplier.

  Elle ne sont pas juste des moments récréatifs, mais favorisent la « bonne santé mentale ».

 

  Pas que des médicaments, de la vie sociale aussi !

           29e semaine d'information sur la santé mentale                                                                Rennes 2018

 

  Cette année, à Rennes, la semaine d'information sur la santé mentale, SISM, portait sur l'enfance et la parentalité. De nombreuses actions ont été organisées du 12 au 25 Mars 2018.

  C'est grâce à la motivation de tous les bénévoles et coordinateurs, qu'une fois encore, on a cherché à déstigmatiser les troubles psychiques. En outre, certains ont cherché à élargir le sujet, en évoquant de manière générale, la santé mentale.

  Les évènements ont été dans leurs formes, assez hétéroclites : de la conférence, au débat en petits groupes en passant par la bibliothèque vivante.

 

  Cette SISM a aussi été très utile pour les habitants, comme par exemple l'action du Mardi 20 Mars, à l'espace social Commun du gros chêne, intitulé : « Les troubles du comportement de l'enfant ».

  En plus des questions sur l'explication des troubles, de nombreux professionnels (pmi, mdph, asso,etc...) ont répondu sur des problèmes concrets, sur les droits sociaux ou encore les aides existantes.

 

  Notons aussi l'innovation de l'action du Jeudi 15 Mars : « Faisons tourner la parole ».

Elle a réussi, par sa configuration, a donner la parole à des personnes qui habituellement ne l'ont que brièvement ou même pas du tout. Un des animateurs s'est même enthousiasmé : « Cette fois-ci, ils ont pu parler avec leur cœur ! »

 

  Au niveau « intellectuel », au niveau de la recherche, l'évènement le plus intéressant fut sans conteste, la dernière action de la sism, le 24 Mars, intitulé : « la place du jeu vidéo dans la famille :  pratiques, enjeux, propositions ».

  Le spécialiste, Pascale Minotte, psychologue, nous a tous impressionnés par son érudition et sa puissance intellectuelle.

  Pour lui, il ne faut pas sur-évaluer les écrans et les jeux vidéo. Ils ne sont pas forcément toxiques en soi. D'ailleurs par rapport aux jeux vidéo, pour le chercheur, il ne faut pas parler d'addiction, mais de consommation excessive. En effet, si vous forcez quelqu'un, en bonne santé mentale, à prendre de l'héroïne pendant une semaine, il deviendra immanquablement dépendant. En revanche, si vous forcez cette même personne à jouer aux jeux vidéo, toute une semaine, 12 h par jours, elle ne deviendra pas dépendante.

 

  La thèse du chercheur est que la surconsommation de jeux-vidéo correspond toujours à une mauvaise période pour la personne. Il explique aussi que les jeux-vidéo sont une activité sociale riche de sens. Elle permet notamment de répondre à des besoins de l'adolescence : construction identitaire et reconnaissance des pairs.

 

 

  Plus généralement, que peut-on dire sur le sujet de la SISM 2018 : enfance et parentalité ?

 

  Intéressons nous à la parentalité par rapport aux troubles psychiques.

 

  En 2018, en France, qu'est ce qu'être parents d'un enfant en troubles psychiques ?

 

  Déjà, sans parler des pathologies psychiques, on peut dire que la famille évolue. On passe d'un modèle traditionnel, où en gros, on obéit à ses parents, à un modèle « moderne » fait de négociations. L' « idéal-type » actuel serait : l'enfant ne doit pas juste obéir, il faut lui faire comprendre pourquoi il fait ceci ou cela et on peut quand il a un peu de maturité, passer des compromis avec lui.

 

  Si on se donne une perspective historique encore plus grande, on voit que la famille en tant que cellule sociale, perd énormément de sa force.

  Finis le temps des sociétés rurales, où on était obligé de rester toute sa vie dans sa famille.

  Aujourd'hui, on va faire sa vie ailleurs et dès 18 ans beaucoup ne vivent plus chez leur parent.

  On peut constater que même si certaines familles peuvent rester solidaires et proches, de nombreuses autres éclatent, ou en tout cas n'entretiennent plus des relations de proximité.

  Ce phénomène de société est en rapport avec la transformation de toutes les autres instances de socialisation-école, entreprise, etc... -conduisant à toujours plus d'individualisme et de complexité.

 

  Sur ce sujet, d'autres questions sont à poser : aujourd'hui, en France qu'elle est la place de la famille dans la société et quelle est l'importance de la famille ?

  Ces questions ont-elles un rapport direct avec les troubles psychiques ?

  Au niveau sociologique, on constate que l'intégration sociale-dont celle de la famille-favorise énormément une bonne santé mentale.

  Mais au niveau psychologique, on constate que la personne en souffrance psychique peut être tiraillée entre deux besoins contradictoires : besoin de sécurité qu'il peut trouver dans sa famille et besoin d'émancipation qu'il peut trouver en s'éloignant de sa famille.

  Paradoxalement, alors que dans les années soixantes-soixantes dix, on voulait séparer la personne « malade » de sa famille, aujourd'hui, pour certains, la solution serait de recourir à la prise en charge par la famille.

  Que de contradictions. On constate l'étiolement de la famille, une cellule sociale qui devient presque secondaire, mais on voudrait qu'elle devienne un remède aux troubles psychiques.

 

  Mais de façon plus pragmatique, comment les parents peuvent-ils-aider leur enfant, en notamment, trouvant la bonne distance avec lui ?

 

  Une des premières réponses qui vient directement à l'esprit, est la psycho-éducation.

Mieux comprendre une « maladie psychique » ne peut que favoriser une « meilleure gestion ».

Beaucoup de programmes on été développés, notamment ceux en direction des parents.(par exemple ceux de l'UNAFAM)

 

  Mais que faire par exemple, quand son enfant refuse de prendre des médicaments ?

  Tout d'abord, on peut répondre que l'acceptation du trouble par la personne demande du temps. En outre, souvent, l'échec de l'observance du traitement est lié à la lourdeur des effets indésirables, qui sont loin d'être secondaires. Même les psys, parfois, ne se rendent pas compte du retentissement de ces effets.

  Alors qu'elle serait « la bonne stratégie », pour les parents vis-à-vis de la prise des psychotropes ?

  Surtout ne pas minimiser les effets indésirables. Ne pas dire : « Tu prends du poids mais en faisant des efforts, du sport, un régime, tu retrouveras la ligne ». C'est complètement faux. Les neuroleptiques induisent mécaniquement et inévitablement une prise de poids. Ne pas dire non plus : « tu dis que tu es tout le temps fatigué mais je trouve qu'en fait, tu es paresseux ». Non les neuroleptiques induisent une sédation qu'aucune volonté ne peut complètement supprimer.

  Non, il paraît plus adéquat de jouer franc jeu avec son enfant.

« Oui, les psychotropes ont aussi des effets néfastes sur toi, mais ils t'apportent aussi beaucoup de choses très positifs ». Il semble donc qu'il faut recourir à la stratégie : « coûts /bénéfices ». Certes, tu vas prendre du poids, mais grâce aux médicaments tu vas être débarrassé de tes angoisses qui te hantent. Ou encore, certes, tu vas te sentir souvent fatigué et vaseux (surtout au début du traitement) mais tu ne connaitras plus d'hospitalisations.

 

  Mais les troubles psychiques ne sont pas qu'un problème chimique.

Le rôle des parents est de soutenir toutes les tentatives et désirs de leur enfant dans les activités et réalisations. En effet, dans les psychoses, il faut livrer la bataille contre le repli sur soi. D'ailleurs même si les projets peuvent paraître farfelus ou incongrus, ils doivent être encouragés.

  Mais rappelons que les parents ne sont pas des soignants. Et c'est aux parents d'apporter un soutien affectif, même si leur enfant peut manifester une « froideur », une distance affective.

  Malheureusement, dans beaucoup de familles, des conflits et des tensions persistent. L'enfant peut se sentir étouffé par ses parents. Et ces derniers peuvent se sentir obligés d'intervenir.

  Du coup, c'est le rôle des soignants, en qualité de tierces-personnes, de réguler l'emprise parentale.

 

  Rappelons aussi que c'est aussi très dur pour les parents de connaître le « cataclysme »  de la pathologie psychique .

  Il ne faut donc pas que les parents restent seuls face à ce qui bouleverse toute la famille.

  Pouvoir en parler, échanger, être conseillé entre personnes vivant ou ayant vécu des expériences similaires, permet de relativiser et surtout de se sentir soutenu. Et même peut-être d'en faire un problème pas qu' individuel, mais aussi collectif.

  En France, l'UNAFAM remplit ce rôle.

 

  Mais même si l'on peut donner des conseils et des recommandations, il n'existe pas de remèdes clé en main. Car il n'y a pas de manuel pour être parents et encore moins de manuel pour être parents d'un enfant en souffrance psychique.

  En tout cas, il est certain que les parents ne peuvent pas à eux seuls soigner et même réhabiliter leur enfant.

  Il est nécessaire qu'il existe des structures de qualité où la personne peut développer son propre « moi » et ses compétences (tout le monde en a.) Des endroits où l'on n'est pas soumis au diktat de la performance et où l'on (re)crée des liens sociaux.

 

  Le regard des parents comme celui de toute la société doit toujours, malgré les épreuves, rester humaniste. C'est-à-dire voir une personne capable et dont l'altérité fait partis de notre humanité.

        Journée UNAFAM Bretagne    vendredi 1er décembre 2017

                  Les liens familiaux à l'épreuve de la maladie psychique

 

 

  Après une allocution d'élus et de l'ARS, la psychologue clinicienne, Hélène Davtian, nous a fait part de ses recherches sur la fratrie.

  Intellectuelle engagée, elle a beaucoup travaillée avec l'UNAFAM au niveau national.

  Docteure en psychologie, elle a obtenue une thèse-avec félicitation du jury !-pour ses travaux sur le rôle des frères et des sœurs dans les troubles psy.

 

  Elle nous a d'abord expliquée l'évolution historique du rôle de la famille par rapport à un enfant en troubles.

  Alors qu'il y a encore 30 ans, la psychiatrie percevait la famille comme pathogène pour le malade et prônait donc la séparation, aujourd'hui, d'un extrême à l'autre, la famille est vue comme la ressource principale pour aider le patient.

  Elle est devenue compétente.

Hélène Davtian nous met en garde contre cette évolution. Notamment, elle fustige la notion d'aidant familial. La famille n'est pas une entreprise, qui pourrait produire une aide, un service compétent, professionnel.

  Non, la famille doit rester la famille. C'est-à-dire des relations humaines, où le lien de sang crée des devoirs et des droits, où l'on peut faire des choses sans contre partie. Mais elle ne doit pas se substituer aux soins et à toutes les interventions institutionnelles. La famille ne peut pas tout.

  Nous ne pouvons nous empêcher d'ajouter une explication économique à cette évolution.

  Le néo-libéralisme est de plus en plus puissant en France. Sa première volonté est de diminuer les déficits, les « coûts » même ceux qui concourent à la cohésion sociale. Elle se sert de l'idéologie individualiste, celle de Malthus « aider les pauvres c'est créer encore plus de pauvres » pour justifier son action de « casse sociale ».

  Du coup, si la famille peut s'occuper principalement du patient, alors on peut supprimer des lits à l'hôpital et des places dans le médico-social et social.

  C'est pour ces mêmes raisons, la baisse des budgets, que les libéraux veulent développer les pairs aidants. Même si l'idée est séduisante, on peux mieux comprendre des personnes si on a vécu la même chose, elle sert de prétexte à supprimer des postes de salariés, notamment dans le social et l'associatif. Or, toutes les expériences montrent que des personnes en situation de handicap psychique, encore instables, ne peuvent pas assurer la pérennité des organisations. On ne peut se passer d'animateurs salariés, sans troubles psy.

 

  Mais revenons à la fratrie.

  Tout d'abord, qu'est-ce que la fratrie ?

  Evidemment ce n'est pas du tout les relations avec les parents.

  La psychologue insiste sur le fait que la fratrie est à la fois ressemblance et distinction.

On ressemble à son frère ou à sa sœur parce que on est de la même génération et que donc on a des expériences communes.

  En outre, on vient des mêmes parents, qui nous donne généralement les mêmes normes, valeurs et les mêmes repères.(la même éducation)

  Mais on est différents. Tout d'abord parce que on est un garçon ou une fille. Et évidemment, la plupart du temps, on n'éduque pas son fils ou sa fille de la même façon. En effet, le genre-le sexe social- détermine toujours la construction identitaire.

  En outre, la différence des âges, si elle est élevée, conduit à être de générations différentes.

  Il est à noter que les frères et sœurs vivent de moins en moins ensemble. La scolarisation les a plus séparés qu'au temps où ils vivaient à la ferme. Ils vont à l'école,mais pas dans la même classe et souvent, après 18 ans, ils ne vivent pas dans le même foyer.

Mais Hélène Davtian remarque que l'on vit plus longtemps avec ses frères et sœurs qu'avec ses parents.

 

  Dans un monde moderne individualiste, les relations entre les frères et les sœurs se transforment et les liens se distendent. Les relations sont plus électives, c'est-à-dire que j'aide mon frère non plus parce que c'est un devoir filial, mais parce que je m'entends bien avec lui, je l'aime.

 

  Mais les parents et aussi dans une certaine mesure la fratrie, restent les derniers remparts à l'exclusion, notamment celle qui conduit à la rue. Tous les sociologues et les psychologues s'accordent à dire que la désaffiliation devient totale quand on va jusqu'à la rupture avec sa famille. Mais cela ne veut pas dire que dans certains cas, la famille peut être néfaste dans la conquête de l'autonomie. D'où l'intérêt d'avoir une tierce personne (psy, infirmier, éducateur) pour régler les conflits.

 

  Mais alors quel rôle pour les frères et sœurs ayant un de leur membre souffrant de troubles psychiques ?

 

  Et bien surtout ne pas se substituer aux parents et avoir des relations avec les frères et sœurs « normales ». Par exemple, on ne dit pas à ses frères ou ses sœurs la même chose qu'ont dit à ses parents. En outre, on n'a pas le même langage, le même humour ou encore les mêmes références culturelles. On ne fait pas la fête avec ses parents comme on le fait avec ses frères et sœurs.

 

  Mais alors comment faire pour aider un frère ou une sœur rencontrant des souffrances psychiques ?

 

  La réponse peut être simple : Il faut une fratrie fraternelle.

  Ce propos fut parfaitement illustré par les témoignages de l'après-midi du colloque.

  Un surtout a bouleversé la salle.

Séverine vit au Canada depuis 15 ans.

  Elle a un travail qui lui plaît, un conjoint et s'est parfaitement acclimatée à son nouveau pays.

  Mais elle a un frère malade. Il souffre de troubles schizophréniques.

Elle explique que même à 10 000 km de lui, elle reste sa sœur et elle veut l'aider. Elle n'hésite pas, même avec le décalage horaire, à toujours répondre à ses demandes. Elle va même jusqu'à stopper son travail, pour l'avoir au téléphone, quand il est en pleine détresse.

  Mais son frère va toujours très mal.

  Un jour, elle décide de tout plaquer pour être auprès de ce frère qu'elle aime et qui a besoin d'elle. Elle démissionne de son travail (pourtant un bon poste) et convint son conjoint(canadien anglophone) de la suivre. Donc alors qu'elle avait une « belle vie » au Canada et qu'elle s'était quasiment acculturée, elle bouleverse sa vie pour son frère.

Séverine s'exprime très justement et de façon poignante.

  A ses paroles, toute l'assemblée retient ses larmes. Tout le monde repense à ses propres expériences. En effet, les troubles psy engendrent une tragédie pour toute la famille. Une détresse, une impasse ou parfois, seul l'humanisme d'un proche éclaire un bateau ivre de douleur. Mais Séverine conclut : « L'espoir ce n'est pas d'être optimiste, mais c'est de croire que tout ceci a un sens »

 

  Ce colloque de l'UNAFAM aura été l'occasion de se confronter à un sujet oublié de la santé mentale : la fratrie.

  Elle aura permis-notamment via Hélène Davtian-de comprendre le rôle important joué par les frères et sœurs pendant la pathologie psychique.

 L'UNAFAM réussit toujours à mobiliser beaucoup de monde, 250 personne et des personnes refusées. Grâce au militantisme de ses membres (tous bénévoles), elle impulse de grands débats, utiles à une meilleur prise en charge des personnes en troubles psychiques.

  Cependant, il est dommage qu'elle n'est pas conviée au débat des patients.

En tout cas, il faut continuer à expliquer les mécanismes de la pathologie psychique et son interaction avec l'environnement et le social.

               Soirée du mardi 10 octobre 2017 organisée                                   par le SAVA itinéraire bis

 

 Dans le cadre de la journée mondiale sur la santé mentale, l'association le SAVA itinéraire bis a organisé un événement de sensibilisation et de convivialité.

  Cette association lutte, en autre, contre l'isolement des personnes en troubles psychiques. Ainsi, elle cherche a redonner de l'autonomie aux personnes en intervenant sur le terrain, dans la vie réelle.

 

  L'association a profité de l'évènement pour faire monter sur scène un groupe de musique, les « melting carambar », des usagers de la structure, qu'elle soutient fortement. Avec une fraîcheur incroyable et bravant leur timidité, ils ont interprêté différentes chansons de leur répertoire.

Donner l'occasion à des personnes en troubles psychiques de s'exprimer, de faire voir leur talent artistique, leur créativité, c'est aussi ça la thérapie.

 

  Puis nous avons visionné un film documentaire : « vacarme » réalisé par Emmanuel Guionet et Blandine Roussel.

  Il a été produit par l'association.

  Bien sûr ce n'est pas le premier film parlant des troubles psychiques. Mais celui- ci a le mérite de rentrer dans le quotidien de la vie des personnes en troubles psy.

 

  Comment le SAVA itinéraire bis intervient pour aider les personnes ?

 

  Il utilise le dispositif « savs » (service d'accompagnement à la vie sociale). Le principe est de ne pas cantonner l'aide à des consultations dans un bureau mais d'aller au cœur des difficultés, c'est- à- dire dans la vie concrète des personnes.

  Mais attention ils ne sont pas là pour faire de « l'assistanat » ou pour faire à la place.

  Par exemple, si le bénéficiaire n'arrive plus à faire son ménage, les accompagnants ne vont pas se substituer au travail de la personne, mais avec toute leur inventivité, ils vont savoir la stimuler, pour qu'elle le fasse ou le cas échéant, qu'elle le fasse avec.

  Tout au long du film, on voit que les accompagnants, forts de leurs expériences et de leurs compétences, essayent de valoriser et de stimuler les appétences, les désirs qui restent, malgré les troubles psychiques. Leur rôle n'est pas de juger ou d'incriminer. Encore moins de dénoncer des « délires » ou des replis sur soi. Non, ils oeuvrent à rendre la personne plus autonome.

  Et ça marche !

  Bien sûr l'asso ne peut régler d'un coup de baguette magique, l'extrême solitude, les addictions, et surtout la violence économique. En effet, le fonctionnement économique ne veut pas faire de place aux plus fragilisés. Vous n'êtes pas performant, vous n'avez pas le « savoir-être » et bien pour le capitalisme, vous n'êtes rien.

  Mais malgré tout, la structure, montre qu'avec de bonnes techniques d'approches, une bonne distance, un travail d'équipe, on peut sortir les gens d'un marasme et du cercle vicieux du repli sur soi. Il est à noter que les bénéficiaires sentent la sincérité et l'empathie des intervenants. C'est à cette seule condition qu'ils acceptent de s'ouvrir à un inconnu. Et si le bénéficiaire et le professionnel réussissent à « s'apprivoiser » alors ils peuvent créer une relation de confiance. Dès lors, ils comprennent que les accompagnants ne sont pas là pour les contrôler, mais pour trouver des solutions, tous les deux.    Ensemble, ils co-construisent un savoir, singulier, qui même s'il ne résoudra pas tout, au moins il donnera un sens à toutes ces souffrances psychiques.

 

  Tous les patients devraient bénéficier d'une prise en charge de la qualité de celle du sava itinéraire bis.

Il faut donc montrer ce film au plus grand nombre et notamment aux responsables politiques pour qu'ils ne baissent pas les crédits, mais au contraire qu'ils les augmentent !

  contact du Sava itinéraire Bis :  Tél : 02 23 41 60 99

                                                        Mail : sava@sava-itinerairebis.org

                                                        Site : www.sava-itinerairebis.org

  Assemblée générale du Gem-L'antre 2                                du 23 juin 2017

 

  Comme tous les ans, l'AG a été l'occasion de faire le bilan de toutes les activités et d'évoquer les perspectives de développement. Cela a aussi été l'occasion de renouveler les mandats des co-présidents, noyau dur et stable de l'animation du GEM.

 

  Rappel

 

  Créé en 2005, le Gem l'Antre 2 œuvre pour l'intégration sociale des personnes rencontrant des difficultés psychiques et agées de 18 à 30 ans.

  L'originalité de la structure est qu'elle a créée un café en son sein. Cela permet une rencontre, une mixité entre les usagers et des clients, souvent des voisins du quartier.

  Une autre force du GEM, c'est de proposer régulièrement, les jeudis soir, des programmations artistiques (concerts, théâtre,etc...). Encore une fois, cela permet de sortir les bénéficiaires de leur isolement social et de leur donner accès gratuitement à des expériences artistiques de qualité.

 

  Quoi de neuf au Gem L'antre 2 ?

 

  Des activités ont disparu, d'autres sont apparues. En effet, le GEM doit composer entre les envies des nouvelles personnes, l'opportunité des partenariats et les financements possibles.

  Ainsi, récemment, des activités sportives ont été proposées aux usagers. En effet, il n'est pas forcément facile de s'intégrer dans un club de sport (les membres ne sont pas forcément bienveillants). Pouvoir faire du sport sans se prendre la tête (socialement) est un grand bénéfice pour les membres du GEM-L'ANTRE 2.

  Par ailleurs, saluons l'inventivité de la structure qui a réussi à transformer le terrain vague de sa location en un jardin (fleurs, potager,). Cette activité n'est pas que récréative. S'occuper d'un jardin, c'est aussi prendre des responsabilités (comme l'arrosage par exemple), et être fier des plantes qui poussent grâce à son travail. En faisant ensemble, en collaborant, en produisant, on se réapproprie aussi un peu sa vie.

 

  Il est aussi à noter que deux nouvelles animatrices salariées ont rejoint l'équipe. Gageons qu'elles apporteront toute leurs expériences variées et leur énergie pour renforcer le GEM.

 

 

  Le GEM-L'Antre 2 est une structure qu'il faut continuer à soutenir.

En effet, elle offre un réel pouvoir aux adhérents ( ne serait-ce que dans les choix des activités) tout en maintenant sa pérennité, grâce notamment à des animateurs et animatrices salariés souples, rassurants, non-infantilisants et compréhensifs.

                      Santé mentale et travail

                                                   28e semaine d'information

                                      sur la santé mentale

                                                                             du 11 au 26 Mars 2017 à Rennes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                        « c'est quoi ce travail ? »

                                                  ciné-débat du samedi 11 Mars 18h au cinéma arvor

                                              film de luc joulé et sébastien jousse

 

 

 

 

  Comme tous les ans, le cinéma Arvor a proposé un film, en lien avec le thème de la SISM, cette année le travail.

 

Les réalisateurs Luc Joulé et Sébastien Jousse ont réalisé un film en immersion dans l'usine PSA Peugeot-Citroën de Saint Ouen.

Il s'agit de différents portraits d'ouvriers. On voit la personne en train de travailler et en voix off, elle explique son travail.

 

  Le film très original n' est ni misérabiliste ni revendicateur. Il laisse le spectateur seul juge de ce qui se passe dans l'usine.

  Bien sûr, travailler à la chaîne n'est pas ce qu'il y a de plus épanouissant. Mais ce qui intéresse les réalisateurs, c'est le sens et l'adaptation psychique, que chaque ouvrier, avec sa singularité, met en place. Tenir en se racontant des histoires dans sa tête.

Tenir en philosophant. Tenir en étant fier de sa productivité.

Violence sur les corps. Impact sur la santé mentale.

Pourquoi certains arrivent à s'adapter ?

Alors que d'autres « craquent » ?

 

  A la fin du film, nous avons eu l'honneur d'échanger avec le réalisateur Sébastien Jousse qui a beaucoup étudié le monde du travail à travers ses autres films.

Lui qui n'est pas un idéologue ou un politique. Lui qui essaye toujours de montrer sans démontrer. Lui qui croise poésie et réalisme.

 Et bien, il pense, comme beaucoup de gens qui s'intéressent ou subissent, qu'en France et ailleurs nous assistons à une « régression » des conditions du monde du travail. Cette évidence ne semble pas partagée par tout le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                             Ergorico

                                                              exposition et ateliers d'initiation à la mosaïque

                                                                  lundi 13 mars au centre Alma

 

 

  C'est l'histoire d'un joli projet réalisé par des étudiantes en ergothérapie très dynamiques.

  L'idée, c'est d'associer un maximum d'acteurs du monde psy et d'usagers.

Une œuvre collective, faite par différents patients, faites dans différents lieux.

Chacun et chacun a été invité à coller quelques pièces de mosaïques dans une petite zone de cette véritable production artistique.

 

  Tout le monde fut convié à l'inauguration le Lundi 23 Mars à 15h00. Les patients qui ont réalisés l'oeuvre n'étaient pas peu fier d'être là. Comme toujours, reconnaître les réalisations des usagers psys, permet une augmentation de leur estime de soi, eux qui

d'habitude sont considérés, via les préjugés de la société, comme des "incapables".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                         CENTRE DE LA THEBAUDAIS-UGECAM

                                portes ouvertes du 15 mars

 

 

 

  De plus en plus en France et ailleurs on ne soigne plus que les personnes affectées par des grosses crises.

 

  De plus en plus souvent, à peine la décompensation passée, on les renvoi chez eux, sans la poursuite d'une prise en charge.

  A charge de la personne de faire les démarches pour trouver une prise en charge, des activités, du travail.

Mais la personne peut-elle toute seule, avec ses propres ressources, forcément amoindries par les troubles psychiques, se relancer dans la vie.

Pour la personne en situation de handicap psychique, c'est non.

 

  En effet, ce qui se joue dans les troubles, ce n'est pas seulement de trouver un bon médicament. Non, la personne est malade psychiquement, mais aussi socialement.

Tous les professionnels doivent aussi l'aider à retrouver une dynamique sociale.

 

  Et, pour beaucoup, les consultations d'un psy ou l'aide d'un SAVS ne suffit pas.

Il est nécessaire de replonger la personne dans des structures sociales qui vont l'aider à retrouver une vie sociale et la pousser vers l'intégration sociale.

 

Alors que fait-on après l'HP ?

 

 

  Pour beaucoup, l'alternative peut être d'être admis au centre post-cure de la Thébaudais.

Le centre, créé en 1971 , à évolué dans la direction et les équipes de professionnelle et dans la prise en charge.

LE 1er intérêt de cette structure est la création d'une communauté d'usagers.

Vous n'êtes plus tout seul chez vous livré à vous-même. Vous partagez des activités, des loisirs, vous dormez sous le même toit, vous mangez ensemble, etc... Et choix très importants pour des personnes avec des déficits de sociabilité liés à des phénomènes d'égocentrisme, vous vous faîtes des copains, des amis, voir même pourquoi pas une petite amie.

  C'est fou comme une personne avec un ou plusieurs amis va beaucoup mieux.

 

  Le 2ème grand intérêt de la Thébaudais, c'est tout le travail des équipes de professionnels. Tout d'abord ce qui fait la force c'est la pluridisciplinarité des intervenants.

 

  Bien sûr, il est nécessaire d'avoir une prise en charge par un ou une psychiatre.

Mais il s'agit aussi que la personne trouve des choses pour s'investir. Cela peut être d'abord des loisirs, puis après du bénévolat, et pourquoi pas du travail.

 

  Pour cela, les infirmiers, les animateurs, les chargés d'insertion, les assistantes sociales travaillent ensemble.

 

  Le but du centre est aussi de restructurer la vie du patient.

Parfois, l'épreuve de la psychose peut mener à l'anomie, au sens du sociologue Emile Durkeim.

  Ainsi, le patient s'engage à respecter les règles du centre.

  La journée, il peut librement sortir du centre mais il doit être revenu pour les repas et rentrer avant 22 heures.

Il lui faut obtenir la permission s'il veut dormir à l'extérieur ou profiter d'un week-end.

Autre obligation, tous les matins, après le petit déjeuner, il doit en groupe avec des professionnels, expliquer ce qu'il va faire de sa journée.

  Mais ce qui aide surtout à structurer son temps, ce sont les nombreuses activités que l'on va lui proposer.

 

Le centre post-cure, c'est aussi prévoir l'après.

Ainsi, dès qu'un patient arrive, on lui propose de faire une demande de logement social.

Car ce n'est pas en restant chez ses parents qu'on accède à l'autonomie. Et Dieu sait comme les conflits et les incompréhensions avec les parents sont source de régression et de non résilience.

  Le centre post-cure la Thébaudais est indispensable pour beaucoup de personnes voulant dépasser leur handicap psychique et social.

  Malheureusement, pour toute l'Ille-et-Vilaine (1 million d'habitants), il n'existe dans ce centre que 35 places.

 

  On peut considérer qu'augmenter le nombre de places coûterait cher.

En fait, c'est de ne pas offrir une prise en charge complète (psychothérapeutique, sociale, d'insertion, etc) qui coûte cher.

 

  En effet, une personne non prise en charge va chuter et rechuter. C'est cela qui coûte cher. Dès lors, exigeons plus de places pour le centre la Thébaudais et pour les établissements de même type.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                 Santé mentale et travail, parlons-en

                        bibliothèque vivante au champs libres

                                              le vendredi 17 Mars

 

  Comme chaque année, les champs libres en association avec le docteur David Levoyer et Laurence Renoux, nous on proposé de nous rapprocher au plus

près des professionnels en santé mentale et des usagers.

Pendant 20 minutes nous avons eu tout loisir d'écouter et de poser toutes les questions à une personne qui aura bien voulu « se confier » à un inconnu.

 

  On peut vivre sa psychose de façon très différente. On pourrait aussi dire qu'on peut vivre « l'expérience travail » de façon très différentes.

  Certains vont être obsédés par le travail et voudront à tout prix travailler en « milieu ordinaire ». D'autres vont accepter le milieu protégé car ils jugeront que c'est mieux que rien ou que finalement l'ESAT ou l'entreprise adapté ça leur convient. Ils vont se construire sur cette activité. Le travail aura donc une importance dans leur « bonne santé mentale.

 

  D'autres, peut-être trop exigeants, ne vont pas supporter-surtout quand ils on fait des études-un travail qu'ils considèrent au rabais. Dès lors, ils préfèrent s'investir dans le bénévolat, où ils peuvent obtenir des responsabilités et effectuer des tâches « intellectuelles » et relationnelles. Malheureusement en France, pour la plupart des gens, le bénévolat ce n'est pas vraiment du travail. Du coup, il ne procure pas de reconnaissance sociale. Entre toutes ces options, la personne affectée de troubles psychiques essaye de se frayer un chemin, toujours singulier.

 

  Mais le patient ne vit pas dans un autre monde. Il est aussi affecté par la situation économique et sociale de son pays. Il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui en France, pour une part toujours plus grande de la population, le travail est synonyme de souffrance et d'angoisses. Le chômage de masse, la précarité, le démantèlement de nos protections sociales mettent sous tension les individus. Dès lors, la personne déjà fragilisée par son trouble, aura encore plus de difficulté pour s'intégrer par le travail. On ne peut pas analyser la situation du travailleur handicapé sans faire le lien avec la situation de tous les travailleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

                        TRAVAIL ET MALADIE PSYCHIQUE :

                                            TEMOIGNAGES

                                    vendredi 17 mars à l'espace social et culturel Aimé Césaire

 

  Pour la première foi depuis 20 ans, il y a eu pendant la SISM 2017 à Rennes, un événement organisé et animé par les patients eux-mêmes.

Même si la préparation fut parfois laborieuse, les patients ont réussi à s'affranchir de la tutelle des professionnels.

Ils ont, par eux-mêmes, réservés la salle, loués une sono, fait leur pub etc...

Ayant des difficultés, ils ont pus compter sur le soutien et la bienveillance du responsable de la ville de Rennes et de la coordinatrice de la SISM. Mais ils ont gardés leur liberté : dans le choix des sujets abordés, dans la configuration des échanges, dans l'animation.

  L'évènement a surtout porté sur des témoignages. Comme d'habitude les personnes plus âgés, plus expérimentés ont expliquées leur parcours et donnés des conseils a des patients qui découvrent la psychiatrie et toutes ses viviscitudes.

Cet événement aura aussi été l'occasion de parler de l'importance des associations d'usagers, tant pour être représentés dans les institutions que pour créer des contres-pouvoirs.

  Le collectif de la SISM a donc fait confiance a des patients. Et cela est plutôt une réussite.

  Même s'il ne faut pas nier les difficultés des usagers, leur propre expression est indispensable. Qui mieux qu'eux, car ils le vivent tous les jours, peut exprimer toute la douleur et la complexité des troubles psy.

Si les politiques veulent améliorer les dispositifs, ils ne le pourront qu'avec la participation des premiers concernés : les individus en troubles psychiques.

 

 

 

 

 

 

                       Le travail salarié, mais pas que !

                                                       Table ronde du SAVS ESPOIR 35

                                                                    le lundi 20 mars

 

  Comment parler du travail pour les personnes en situation de handicap psychique ?

  Les responsables et les professionnels du SAVS connaissent bien les problèmes des personnes en troubles psy. Ils savent que ce qui caractérise toutes les singularités pathologiques, c'est l'instabilité. Et bien entendu elle se retrouve dans le rapport au travail. Dès lors, les organisateurs de l'évènement ont fait le choix de ne pas expliquer la problématique de l'emploi de façon technique mais par rapport au vécu des personnes concernées.

 

  Nous avons donc écouté différents témoignages, avec à chaque foi un parcours différent, et une vision du travail différente

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  En général, au début de la maladie, les personne en troubles psychiques veulent absolument travailler. Même si heureusement certains réussissent à s'intégrer dans le monde du travail (que ce soit en milieu protégé ou non) beaucoup butent sur un monde social, celui du travail, qui ne fait pas la part belle aux personnes trop fragilisées. Souvent ce n'est pas le travail en lui même qui est difficile mais tous les « a côtés » sociaux. Ils trouvent que l'ambiance est mauvaise, que des personnes leur en veulent, que le chef ne les aime pas etc...

  Le travail, un monde de plus en plus « inhumain » l'est encore plus quand on a tendance à interpréter les mots et les actes des autres.

 

  Dès lors, certains malades mettent une croix sur le monde du travail.

Heureusement on peut quand même participer a des activités sociales via par exemple le bénévolat. Et même l'engagement militant !

 

  Une personne a expliqué comment son engagement dans la commission des usagers du CHGR ( l'hôpital psychiatrique de Rennes) lui permettait de trouver un rôle social qu'elle ne trouvait pas dans le travail.

Une autre personne a expliqué qu'elle touche de l'argent de la collectivité (via l'allocation adulte handicapé) et qu'en échange elle « rend » en travaillant bénévolement dans des associations d'utilité sociale. Donc un moyen de rendre ce qu'elle a reçut.

 

  Comme tout être humain, les personnes en situation de handicap psychique ont besoin de trouver une place dans la société. Le travail peut y contribué mais bien d'autres activités sociales permettent d'exister socialement.

 

 

 

 

 

 

 

                  Regards croisés sur la santé mentale

                                                   échange à la polyclinique st-laurent

                                                           le mardi 21 mars

 

  Au sein de la clinique, plusieurs stands étaient tenus par des associations psy : UNAFAM, Coop1service, Crefap, etc...Ce fut l'occasion pour les visiteurs de connaître ces associations en parlant avec les responsables.

 

  Cet événement ne portait pas sur le travail.

Mais comme les responsables nous ont gentiment ouvert les portes de leur établissement nous avons décidé de parler de leur service psychiatrique.

Notre impression est que la structure propose des soins de qualité.

 

  Tout d'abord les personnes qui y sont admises ont tout le loisir de sortir et de rentrer librement pendant la journée. Cela crée un climat de confiance entre les soignants et les soignés.

 

  La force de l'établissement est le nombre et la qualité des activités proposés.

On trouve des activités habituels. Bien sûr l'art-thérapie : le dessin, la peinture, la sculpture etc...Cela permet à la personne en souffrance de se recentrer sur une œuvre et de se prouver, grâce à la bienveillance de l'animateur, qu'elle est capable de faire quelque chose, de créer.

En outre, le service dispose d'un impressionnant matériel de sport : des vélos d'appartements, ds rameurs, un punchibal etc...Il est évident que l'exercice physique permet de se défouler et donc d'évacuer les tensions.

 

  Les personnes hospitalisées ne sont donc pas laissés dans l'oisiveté et profitent d'innombrables occupations. Cela permet aux personnes de se ressourcer, de s'évader de leur quotidien, de leur environnement habituel.

Le fait de partager des activités permet de rencontrer l'autre et de sortir de son isolement. Il existe beaucoup de thérapies pour venir en aide aux patients : les médicaments, la psychothérapie dynamique, les TCC, l'art-thérapie, les méthodes de relaxation, etc... Or une n'est jamais défini et ne peut être proposé en tant que telle : c'est la création de liens affectifs. Il est impressionant de voir comment un lien damitié ou amoureux permet à la personne d'aller beaucoup mieux.

 

  Seul ombre au tableau pour le service psychiatrie de la clinique Saint-Laurent : chaque patient prend son repas dans sa chambre. Dommage pour la convivialité et la sociabilité que représente le fait de partager un repas ensemble.

 

  La clinique Saint-Laurent prouve que des soins de qualité sont possibles. Il en faudrait partout, pour tous et toutes.

 

 

 

 

 

                      Santé mentale, travail, handicap :

                                   Quels possibles ?

                                                         Mardi 21 Mars au Triangle

 

  En guise d'introduction, nous avons visionné un petit film, « parole de travailleurs », réalisé à l'ESAT d'Aubervillier.

Les personnes interviewées dans le film, relatent leurs satisfactions et leurs problèmes.

Satisfaction de pouvoir « être comme tout le monde », de travailler, de se sentir utile. Mais aussi les doutes, les difficultés de participer à un collectif humain. Pas forcément le travail en soi, mais plutôt toutes les inter-relations qui peuvent devenir difficiles quand on a un système psychique « égocentrique ».

  Du coup, le film montre bien l'importance des moniteurs et autres travailleurs sociaux pour déminer les conflits, pour rassurer, pour aider sans assister.

  Puis on a débattu de l'actualité et des enjeux de l'intégration par le travail. Une multitude de professionnels, dans des secteurs parfois bien différents, ont pris la parole pour expliquer leurs actions.

 

  Les professionnels ne manquent pas d'ingéniosité pour s'adapter aux besoins, toujours changeants, des personnes en situation de handicaps psychiques.

 

  Certains vont même, parfois sur le terrain, au cœur de l'entreprise, en tant que médiateurs. Ils favorisent ainsi l'intégration, surtout sociale, des personnes fragilisées.

 

  Mais tous ces accompagnements, aussi riches soient-ils, ne peuvent lutter contre la frilosité de certains employeurs (qu'ils soient privé ou publique). En France, l'image du « psychotique » est toujours aussi mauvaise, pétrie de préjugés, de fantasmes et de totales ignorances. Alors que dans d'autres pays, certains employeurs voient le côté positif de la psychose, comme par exemple la créativité. En France, la plupart des employeurs ne voient l'embauche d'une personne « psychiquement différente» que comme un coût et des tracasseries supplémentaires.

 

  Alors devons nous attendre une évolution de la mentalité des employeurs ou user de méthodes plus autoritaires ?

 

  En effet la loi qui oblige, en fait qui incite, les employeurs a embaucher au moins 6% de leurs effectifs, est dévoyée.

Soit les patrons préfèrent payer l'amande, soit par un effet pervers du système, ils « obligent certains de leurs travailleurs, déjà dans l'entreprise, à se mettre en RQTH( reconnaissance en qualité de travailleurs handicapés).

 

  Peut-être faudrait il user de « discriminations positive» ?

C'est à dire de réserver des emplois, plutôt sans tensions (gardiens de square etc... )aux personnes en situation de handicap psychique.

 

  Osons dire aussi qu'à Rennes, il y a trop de doublons dans la multitude des dispositifs.

Peut-être que des mutuellisations ou même des fusions entre des dispositifs très similaires permettrait d'augmenter l'efficacité globale. Mais attention dangers, il ne faudrait pas que les économies réalisées soient le prétexte d'une baisse des budgets alloué à la santé mentale. Non il faudrait que l'argent ainsi obtenu soit redéployé pour d'autres besoins de personnes en situation de handicap psychique...comme l'insertion sociale par le travail !

 

 

 

 

Insertion professionnelle : l'expérience des Maffrais Services

                                                   portes ouvertes le mercredi 22 Mars

 

 

  Les établissement ESAT (autrefois appellés CAT) sont souvent victimes de lourdes stigmatisations. Ils abriteraient des gens très malades, très déficients et très peu productifs. Comment faire disparaître ces préjugés ? Et bien en ouvrant les portes de l'établissement au public !

 

  Ainsi ce Mercredi 22 Mars nous fument accueilli, à la campagne, sur le site de Thorigné-Fouillard. Les professionnelles et les travailleurs, ont, très dispo, répondus à toutes nos questions. L'ESAT compte 3 activités : espace vert, cuisine et conditionnement. Certains travailleurs n'étaient pas peu fières d'expliquer leur travail, la technicité qu'elle requiert et les différentes facettes du domaine d'activité. Même si le travail est adapté aux difficultés des personnes, en terme d'aménagement de la durée et l'intensité de l'activité, ici on bosse vraiment !

 

  Même si le moniteur peut-être compréhensif, il est aussi la pour obtenir des résultats.

Surtout, comme nous l'avons dit dans les autres articles, le moniteur a aussi pour mission de gérer les « a cotés » du travail. Toutes ces petites inter-actions et relations humaines, insignifiantes pour les personnes dites normales mais qui peuvent prendre des proportions paralysantes pour des personnes dites « psychotiques ».

 

  Alors qu'à l'origine, les CAT puis les ESAT avaient été créés pour être un tremplin vers le travail en milieu ordinaire, force est de constater que beaucoup de travailleurs y passent toute leur vie professionnelle.

Et alors ? Si certains travailleurs se sentent bien dans cet environnement, pourquoi ils iraient voir ailleurs.

Le seul problème est pour les personnes qui souhaitent y rentrer. Elles doivent parfois, en moyenne, attendre 3 ans. Il faut donc augmenter considérablement le nombre de places dans les ESAT.

Cela coûterait trop cher ?

Ce qui coûte cher c'est de laisser des gens sans travail.

 

Justement pour ne pas abandonner les gens au non-travail, il a été créé aux Mafrais Services, un service d'aide par le travail, dénommé SAT Hors les murs. Il s'adresse aux personnes qui aspirent à travailler en milieu ordinaire. Avec son conseiller la personne fait tout un travail. D'abord elle fait un bilan de ses expériences et de ses compétences, puis elle peut faire une étude sur le métier qui l'intéresse (par exemple interviewer des professionnels) puis elle est aidé pour faire son cv et lettre de motivation etc..Le conseiller peut même aller dans l'entreprise pour aider la personne.

  Cet accompagnement de qualité permet à la personne de retrouver confiance en elle, d'être rassurée et donc d'augmenter considérablement son «employabilité ».

 

 

 

 

 

 

 

 

                      Travail ? Construire son parcours !

                                                  Forum du jeudi 23 Mars filrouge

 

  Ce fût le dernier événement de la SISM 2017 de Rennes. Il a été apprécié par les participants car les organisateurs avaient choisi de faire des petits groupes qui ont été propices aux échanges.

 

  Il a été beaucoup question des parcours.

  Alors que pendant les 30 glorieuses (1946-1974) la plupart des gens exerçaient une et même profession toute leur vie, à partir des des années 80, la dérégulation de l'économie bouleverse les parcours professionnels. Aujourd'hui de plus en plus de gens connaissent des stages qui durent, des CDD, de l'intérim. En outre, on change aisément de métiers, de secteurs. On peut se reconvertir facilement.

 

  Les personnes en situation de handicap psychique sont aussi concernées par ces évolutions.

On pourrait même dire qu'a l'instabilité économique s'ajoute l'instabilité psychique. En effet, beaucoup de personnes fragilisées psychiquement ont du mal à se maintenir dans l'emploi.

 

  Par exemple, les personnes affectées de troubles bipolaires de l'humeur peuvent se casser les dents avec le travail. S'ils accèdent à un emploi, qu'ils ont vraiment désiré, leur enthousiasme peut se transformer en accès maniaque (c'est à dire une grosse exaltation). Généralement, le patron est ravi car la personne a beaucoup d'énergie et devient donc très performante.

  Mais malheureusement, cet état maniaque peut se transformer en véritable décompensation (délires, comportements extrêmement déplacés etc...)

Surtout, la décompensation peut déboucher sur une dépression. Après un tel bouillonnement, la personne n'a plus d'énergie voit tout en noir se sent très fatigué. Dès lors, l'employeur, perplexe, voit son employé méconnaissable, incapable de fournir le minimum d'efforts pour accomplir ses tâches.

  Il peut arriver qu'il la licencie ou qu'elle démissionne.

 

  Heureusement certaines personnes se stabilisent et réussissent à se maintenir dans l'emploi. Mais elles auront, avant la stabilisation, un parcours souvent chaotique.

 

  Autant une personne malade met généralement beaucoup de temps pour trouver un traitement qui lui convient, autant elle mettra aussi beaucoup de temps a trouver un travail ou une activité qui lui convienne.

 

  Entre les désirs irréalistes, les désillusions, les renoncements, les retraits, les ajustements, mais aussi les réussites, le parcours est souvent très sinueux.

 

  Même si le professionnel doit rappeler les réalités, il ne doit pas faire d'injonctions car cela peut casser un désir qui est parfois très mince. Mieux vaut que la personne se confronte elle même à la réalité et fasse ses propres expériences. Le professionnelle est la pour accompagner pas pour diriger la personne. A elle de trouver la piste, le chemin qui lui procurera un certain équilibre.

                                                      L'association le gué

 

  Savez vous qu'il existe des associations au sein même de l'hôpital psychiatrique de Rennes (le GHGR) ?

  Il en existe dans plusieurs secteurs. Nous avons effectué un reportage de plusieurs mois dans l'une d'entre elles, celle du secteur G 08* : l'association le gué.

 

*le secteur géographique qui correspond au pays de brocéliande. Il faut savoir que l'hôpital psychiatrique est divisé en secteurs. Si vous habitez tel quartier ou telle commune vous allez dans tel secteur.(comme à l'école)

 

  A quoi peut servir une association dans l'hôpital ?

 

  L'hôpital psychiatrique fonctionne pour apporter des soins à des personnes dites « psychiquement malades », en crise, en décompensation. Au sens stricto sensus, les soins sont l'administration de médicaments, leur dosage, l'évaluation, les prises de sang, les entretiens et aussi malheureusement, la mise en chambre d'isolement et même parfois les contentions.

 

  Or le rétablissement de la personne ne passe pas que par ce type de soins. La maladie psychique notamment la psychose est aussi la maladie de la relation, du rapport à l'autre et de tous les rapports sociaux. Dès lors les patients ont besoin de créer ou de re-créer du lien social, pour pouvoir dépasser leurs troubles psychiques. En effet, on observe chez certains patients, notamment pour les personnes dites « schizophrènes », un replis sur soi, une distance affective, une carence dans les capacités de sociabilité.

Mais ce n'est pas une fatalité.

 

  Tout d'abord les médicaments anti-psychotiques peuvent aider à retrouver une appétence social et à rentrer un peu plus dans « le jeu social ». Au sens de Bourdieu, qui voyait dans les relations sociales, la nécessité de se « prendre au jeu ». Mais bien sur les médicaments sont insuffisants. Il est nécessaire qu'il existe des dispositifs, des structures humaines pour relancer l'intégration sociale.

  Et cela on l'a compris de puis bien longtemps. Dès le début du 20ieme siècle, des soignants (et quelques soignés) ont milité pour donner une dimension sociale dans la prise en charge des patients. C'est le fameux mouvement de la psychothérapie institutionnelle. Ainsi des acteurs de la psychiatrie ont décidé d'ouvrir des brèches, en créant des associations au sein même de l'hôpital.

S'associer pour vivre des choses ensemble, pour partager des activités et des projets.

  Il est difficile pour les gens les plus fragilisés de trouver une place dans la société. On peut déjà commencer par en trouver une dans une petite association.

 

  Mais pour que tout cela marche, pour que les soignés s'impliquent vraiment et y trouvent leur compte, il est indispensable, que les soignants partagent le pouvoir avec les soignés. C'est le cas pour l'association Le Gué.

  Mais pourquoi une association dans l'hôpital ?

  Le patient ne pourrait-il pas profiter de la multitude d'associations à Rennes, dans ce qu'on appelle « le milieu ordinaire ». Et bien non car la plupart des patients de l'hôpital ont besoin d'une association adaptée à leurs difficultés. Ils ont besoin de la compétence de soignants qualifiés qui sauront trouver les mots, l'attitude, la bienveillance, la bonne analyse pour favoriser l'intégration social a des personnes qui ont pu perdre des compétences sociales.

 

  Qu'est ce que l'association Le Gué ?

 

  On pourrait résumer l'association par une parole d'une patiente : « remettre de la vie la ou il n'y en a plus »

 

 L'association s'inspire du mouvement de la psychothérapie institutionnelle. Mais attention prévient sa présidente, Laetitia (toujours très dynamique) : « ce mouvement de pratique ne doit jamais être figé et doit toujours être réinventé ».

 

  Le premier principe de l'association est qu'elle ne doit pas être dirigée que par des soignants qui se contentent d'offrir des biens et des services à des patients consommateurs. Non l'association est co-dirigé par des soignants et des soignés.

 

  Pourquoi ?

  Ce n'est pas qu'une question de démocratie. C'est aussi dans un souci thérapeutique.

Imaginez vous. Vous avez des troubles psychotiques. Vous vous êtes fâché avec tous vos amis, votre copine est partie, vous vous êtes fait virer de votre boulot. Vous vous enfoncez dans la solitude. Et un beau jour vous « pétez les plombs ». Vous vous retrouvez chez « les fous » à l'hôpital psychiatrique. On vous dit que vous êtes très malade et pendant 3 mois vous n'avez que la visite de vos parents.

Si votre état cognitif peut-être altéré, c'est surtout socialement que vous êtes en peine.

  Que faire pour vous reconstruire ?

  Et bien à l'association Le gué on vous propose de retrouver un peu de pouvoir sur votre vie.

  Comment ?

  En décidant collectivement des activités que propose l'association.

En participant à l'élaboration des projets.

  Ainsi une fois par mois le conseil d'administration se réunit. Il est composé de soignants et de soignés. Ensemble ils décident ce que l'association va faire. Ils reçoivent les propositions d'activités des adhérents. Ils évaluent la faisabilité des projets, décident du budget qui pourrait y être alloué. Le C.A n'est pas une chambre d'enregistrement. Il est le véritable lieu du pouvoir de l'association. Il est le garant de la démocratie.

 En fait,on pourrait dire que le fonctionnement de l'association s'inspire de la légende du colibris : « Un jour, il y eut un immense incendie dans la forêt. Les animaux terrifiés assistaient impuissants au désastre. Tous, sauf le petit Colibri qui s'activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. "Je fais ma part" répétait-il aux autres animaux incrédules »

.

 C'est à dire qu'on mutualise les talents. On ne base pas les relations sur la concurrence et la maximisation du pouvoir personnel. Non ce qui compte c'est la coopération et la complémentarité. Dans cette optique, les soignants sont la pour stimuler les soignés et encourager les initiatives. N'importe quel patient peut s'il le veut et en est capable, prendre des responsabilités au sein de l'association. En effet, avoir du pouvoir, être reconnu pour son action, permet une réelle réhabilitation sociale du patient.

  L'association le gué est aussi un moyen de favoriser les échanges. Ainsi les plus anciens peuvent transmettre aux plus jeunes bons nombres d'expériences. Des astuces pour s'en sortir dans les méandres de l'administration. Des conseils avisés sur les médicaments psychotropes. Et aussi les réconforter, en leur expliquant que parfois, la maturité peut faire baisser les troubles psys.

 

     Les sorties

  L'association propose de nombreuses sorties. Elles sont très appréciés par les adhérents. Par exemple, il est souvent organisé des parties de pêche à pied, durant toute une journée. Ce sont de petites vacances dépaysantes et conviviales.Surtout elles cassent la division des personnes entre soignants et soignés. Il n'y a pas de blouses. Ce sont juste des gens qui partagent un bon moment ensemble.

  En outre, il est souvent organisé des sorties aux cinéma ou a des évènements culturels.

 Comme pour tout le monde, sortir permet d'oublier ses soucis et le train-train quotidien. Ces sorties peuvent créer des affinités entre les participants et pourquoi pas déboucher sur de réels amitiés(antidote au replis sur soi). Il est essentiel de l'organiser via l'association car certaines personnes fragilisées n'ont pas les ressources pour le faire elles-mêmes. Mais au fur et à mesure qu'elles expérimentent les sorties, cela peut leur donner la force de les réaliser sans l'aide de l'association. On l'a fait on peut le refaire.

 

    Les partenariats

 

  L'association ne roule pas sur l'or. Les financements qu'elle reçoit de l'hôpital sont maigres. Du coup elle privilégie les partenariats pour réaliser ses activités. Par exemple elle est membre d'un jardin collectif. Cela lui permet de proposer une activité jardin à moindre frais et en plus cela permet aux patients de rencontrer des amoureux du jardin qui ne sont pas lié à l'univers de l'hôpital psychiatrique. Une sorte de mixité. L'association utilise aussi les ressources de ses propres membres. Ainsi un adhérent a proposé aux membres de l'association de se rendre dans sa famille pour participer au battage des foins avec de vielles machines d'antan. Ce fut un grand moment de convivialité et de chants. Un petit film a même été réalisé. De bons souvenirs pour tout le monde.

  L'association Le Gué a aussi lié un partenariat avec une association qui promeut et explique les jeux, qu'ils soient vidéo ou de plateau (l'association 3 hit combo). Des jeunes en service civique viennent expliquer et animer toutes sortes de jeux. La encore cela permet la mixité.

  L'association a aussi contracté différents partenariats avec des artistes professionnel. Il viennent animer des ateliers dans les locaux de l'hôpital. Les intervenants, souvent très chaleureux, réussissent à casser les barrières du à l'hospitalisation, en étant aussi naturels qu'ils le seraient dans un autre endroit. Surtout, l'atelier valorise les patients. Ils sont très fiers de réaliser une œuvre. Ils sont encore plus fiers, quand parfois ils expliquent à des soignants comment « faire ».    Eux, que la société a relégué et a enfermé. Eux, que certains trouvent « déficients » ou avec une carence cognitive, ils peuvent transmettre, être « les profs ».

 

L'utilisation des médias et des nouvelles technologies

 

  Créer un journal ou tout le monde peut s'exprimer est une vieille idée de la psychothérapie institutionnelle. Tout le monde veut s'exprimer et être reconnu pour son expression.

 

 Malheureusement tout le monde n'a pas la chance d'avoir une famille ou des amis qui l'écoute...ou avoir un contrat avec un éditeur. Dès lors, créer un journal (ça ne demande pas beaucoup de moyens) permet à chaque personne, dans son domaine de prédilection (la pêche, l'histoire, la poésie,etc...) de créer un texte, le sien, en sachant qu'il sera lu. Il faut savoir que la créativité est souvent très forte chez les personnes psychotiques. Permettre d'en faire quelque chose de positive (ici le journal) est énormément thérapeutique.

 

  L'association Le Gué va plus loin. Grâce au dynamisme et à la perspicacité de sa recrue en service civique, Sarah, elle profite de la révolution numérique, pour améliorer l'outil du journal.                                                                                                                                                              Grâce a une page Facebook et un site internet, l'association se dote d'outils permettant d'augmenter considérablement l'efficience d'un seul journal papier. Alors que le journal d'une petite structure (au réseau social forcément limité) ne permet qu'une diffusion très modeste et limité à l'écrit, le numérique ouvre les possibilités. Concrètement, quand un patient veut parler d' un article qu'il a écrit, souvent il ne peut pas le montrer. Il n'a pas forcément un exemplaire sur lui et il ne peut pas dire d'aller en chercher un dans un kiosque. En revanche, avec internet, il lui suffit d'allumer son ordinateur ou son Smartphone et d'un clic, montrer son œuvre. Sarah insiste sur le fait que « c'est un espace dédié aux patients, c'est leur propre outil de communication ».

 

  Une autre activité de l'association, en lien avec d'autres structures est la réalisation d'une émission de radio : radio décalé sur radio C-lab.

  L'émission est préparé par un atelier. Ses membres se réunissent deux fois par mois. Une fois au CSTC pour la préparation et une fois au studio pour l'enregistrement. On y discute du choix du thème de l'émission. On décide qui va prendre la parole et qui fait quoi. On choisit des invités. On réalise des micro-trottoirs. On s'assure de la diversité des points de vue. La encore c'est un très bon moyen de faire reconnaître la parole des patients.

 

 

 

  Le reportage que nous avons effectué au sein de l'association-et nous avons été très bien reçus-montre qu'il est possible, au sein même de l'hôpital psychiatrique, de changer les choses. Sans forcément beaucoup de moyens financiers (grâce aux partenariats).

. Bien sûr l'association ne règle pas par elle-même tous les problèmes de l'H.P. Notamment le fait qu'on a de moins en moins de moyens humains-ne serait ce que l'écoute active du patient-pour prendre en considération toute la singularité du soigné. Mais l'existence et le développement de l'association Le Gué prouve qu'on peut faire autrement. Donner du pouvoir aux patients. Leur faire confiance. Assurer la pérennité des activités. Stimuler les désirs des personnes. Parfois même « recadrer » mais ne jamais prendre les patients pour des personnes passives qui devraient suivre des protocoles.

  Les patients doivent aussi retrouver un sens à leur existence et les soignants ne devraient être que la pour les y aider.

 

Pour plus d'information sur l'association Le Gué vous pouvez vous rendre sur son site internet : https://legueblog.wordpress.com

ou consulter sa page Facebook

                                         Café rencontre UNAFAM

 

   L'UNAFAM Ille et Vilaine a organisé début décembre une rencontre pour toutes les personnes confrontées, de part leurs proches, à la maladie psychique.

 

   Même si depuis 30 ans le système psychiatrique prend beaucoup plus en considération les familles des malades, pour l'UNAFAM il reste des progrès à faire. En effet, les familles ne trouvent pas toujours les réponses à toutes leurs questions auprès des professionnels. Certains soignants sont encore réticents à associer les familles dans les soins et dans l'accompagnement.

L'idéal bien sûr c'est l'alliance entre le patient, la famille, et les professionnels. Mais il faut quant même rappeler à l'UNAFAM, donc aux parents que dans certains cas la famille est trop intrusive dans la vie du patient. Cependant face au chaos de la maladie, les parents sont souvent le dernier soutien pour le patient.

 

   Face à la détresse des familles, il a été créé à Rennes, de facon inédite en France, le « centre ressource famille et troubles psychotiques », le CREFAP. Sa mission est de renseigner et de conseiller les familles face à la complexité et parfois l'imbroglio, du système psychiatrique. Mais c'est aussi, bien sûr, aider les familles en les écoutant. Réussir à avoir une réelle attention vis à vis de la souffrance des gens c'est la meilleur arme contre l'abattement. En outre, le personnel du CREFAP sont des experts dans les rouages de la psychiatrie. Ils peuvent de façon tout à fait avisées, donner le bon renseignement, qui correspondra aux besoins des familles.

 

   L'UNAFAM quand à elle aimerait être encore plus connue pour pouvoir étendre son action envers les familles. Accueillir , avec plus de moyens, les parents qui découvrent la maladie de leurs enfants. Tout mettre en oeuvre pour que les familles trouvent des solutions pour le soin et l'accompagnement de leur malades. A l'UNAFAM on se soutient et on s'apporte des conseils. Ajoutons que les patients ont du mal à s'organiser pour défendre leurs droits (à part la FNAPSY et HUMAPSY). Dés lors c'est surtout les familles qui défendent les droits des usagers.

 

   Mais comment faire pour toucher plus de familles ?

   Et bien l'UNAFAM, comme les autres associations doit inventer ré-inventer de nouveaux formats.

   Et c'est en ce sens qu'elle a eu l'idée des café-rencontres. Car face à la gravité des troubles psychiques, il faut s'autoriser des moments de convivialité (c'est l'idée de se retrouver autour d'un café et peut-être la prochaine foi, dans un café), propices aux rencontres et aux partages.

 

Pour contacter le CREFAP : 02 99 87 55 78

Pour contacter l'UNAFAM Ille et Vilaine : 02 99 53 88 93

                 L'association : Lueur d'espoir

 

 

     Lueur d'espoir, qu'est ce que c'est ?

 

   Lueur d'espoir est une association rennaise d'aide aux personnes en difficulté psychologique. Elle s'adresse aux personnes souffrant de troubles dépressifs, que ces troubles isolent socialement. L'association veut s'adresser à tous ceux qui ressentent le besoin de parler de leurs difficultés et nouer ou renouer des relations sociales. Cependant, l'association ne propose pas d'activités de loisirs, culturels ou de sport, elle agit essentiellement par les bienfaits de la parole.

 

   Tous les vendredis après-midis, elle propose un groupe de discussion.L'après midi débute, en général, par la formation spontanée de petits groupes où la parole circule librement. Puis, en deuxième partie d'après midi, le groupe se rassemble pour une discussion collective dont le thème est proposé par l'un des participants.

 

   Chaque mois, le troisième mercredi du mois, les membres de Lueur d'espoir se réunissent dans une commune près de Rennes (Montauban de Bretagne, Saint-Malo etc...) afin de passer une journée ensemble, toujours en proposant des groupes de paroles et intervenants extérieurs.

 

   Les bénévoles, formés à l'écoute, ne sont pas des professionnels et s 'abstiennent de tout jugement.

 

 

     Qu'est ce qui fait l’intérêt de Lueur d'espoir ?

 

   D'abord comme nous l'avons dit, l'association permet à chacun de s'exprimer. Les personnes présentes respectent l'expression de chacun . On ne se coupe pas la parole. L'opinion de chacun est prise en compte. Parler, ça semble banal, en fait non. Parler suppose que quelqu'un écoute. A Lueur d'espoir, écouter c'est le rôle des accueillants. Ce sont des bénévoles qui donnent de leur temps en accueillant la parole des autres. En effet, à Rennes, comme ailleurs, de plus en plus de personnes se trouvent isolées . Pendant une semaine, ils ne parlent presque à personne (hormis un bonjour au revoir au voisin, quelques paroles aux commerçants, etc...). L'être humain est un être social. Une solitude subie peut le rendre malheureux.

 

   L'autre intérêt de Lueur d'espoir est de développer le sentiment d'appartenance à un groupe dans la durée. En effet, Lueur d'Espoir ce ne sont pas pas des relations informelles sans lendemain. Vous êtes assuré, tous les vendredis après-midi, de trouver des personnes prêtes à vous écouter, vous pouvez compter sur le groupe.

 

   Celui qui se rendra aux groupes de paroles de Lueur d'Espoir sera très bien accueilli et profitera de toute la convivialité du groupe. Il y verra des personnes très vivantes, ouvertes aux autres, curieuses de la vie de chacun et chacune. Même si parfois une personne vit des choses terribles, elle pourra toujours compter sur la possibilité d'un entretien individuel avec un accueillant.

 

   Faire groupe, être ensemble, retrouver la possibilité de la parole, restent des choses indispensables à l'équilibre individuel de chacun.

 

 

 Lueur d'Espoir c'est :

  • Une permanence tous les vendredis de 14h à 17h. ( M.A.S 36, bd Albert 1er. Rennes)

  • une écoute téléphonique n°02 99 83 65 28

  • une journée mensuelle

  • un bulletin mensuel pour les adhérents.

 

                               Mail : lueur_d-espoir@orange.fr

                               Site : http://sosdepression35.free.fr

                               Adresse postale : 7, place Torigné. 35200 Rennes

 

                     Assemblée Annuelle de l'UNAFAM 35

                                du 16 Janvier 2016

 

 

 

  L'UNAFAM 35 ne peut pas organiser d'assemblée générale car l'UNAFAM est une organisation nationale (non fédérale). En revanche, tous les ans elle organise une réunion ou sont conviés tous les adhérents et les sympathisants. C'est l'occasion de faire le bilan et d'énoncer les perspectives pour l'année suivante.

En toute transparence, l'unafam35 nous a présenté son budget et son bilan financier. Les principaux financeurs de l'UNAFAM 35 sont le conseil général et les municipalités.

 

  L'UNAFAM a deux activités principales : l'aide aux familles des patients et la représentation dans les institutions.

 

  Commençons par l'aide aux familles.

  L'UNAFAM 35 propose un accueil téléphonique et des entretiens individualisés. Elle propose aussi une journée de formation sur les troubles psychiques.

  Quelles sont les évolutions de ces services ?

On peut noter une constante : ce sont surtout les parents qui découvrent la maladie psychique de leur enfant qui font appel à l'UNAFAM.

On peut aussi noter un changement : alors qu' historiquement l'UNAFAM reçevait principalement des familles dont l'enfant était affecté de schizophrénie, aujourd'hui elle reçoit de plus en plus de familles d'enfants affectés par la bipolarité et les T.O.C .

 

  L'autre grosse activité de l'UNAFAM est la représentation des usagers dans les institutions liée à la psychiatrie.

  Nous avons eu le témoignage d'une bénévole siégeant dans la CRUQ (commission de relations avec les usagers et la qualité de la prise en charge). C'est une mission importante car la CRUQ s'occupe aussi de réclamations, plaintes de personnes s'estimant victimes d'abus de la part de l'hôpital psychiatrique.

  Nous avons eu également eu le témoignage d'un bénévole siégeant au comité d'éthique et de réflexion. Même si les différents membres de ce comité peuvent converger sur des valeurs humanistes, il peuvent aussi y avoir des divergences, par exemple sur les contentions.

 

  L'UNAFAM intervient aussi de façon indirect, dans les services proposés aux patients psy, via Espoir 35. En effet, l'UNAFAM est une association des droits des usagers psy, mais elle n'a pas vocation à gérer des structures d'aide aux malades et/ou handicapés psychiques.

Cependant, via Espoir 35, organisation gestionnaire lièe et créée par l'UNAFAM 35, elle bâtit des solutions concrètes pour les souffrants psychiques.

  Espoir35 fournit un service de SAVS (service d'aide à la vie sociale). C'est un service très important car il apporte une aide au malade, complètement différente d'une consultation psy dans un bureau. En effet, les éducateurs du SAVS interviennent directement sur l'environnement de la personne socialement fragilisée. Les éducateurs peuvent se rendre sur le domicile du bénéficiaire, réaliser des activités à la demande et avec la personne en mal-être.

  En outre, Espoir 35 gère des logements pour les personnes en troubles psy, avec plus ou moins d'accompagnement.

La grande nouveauté pour 2016, c'est qu'elle va s'occuper d'un SAMSAH (service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés, avec 50 places sur le département) qui fera du soin et du social. Une équipe pluridisciplinaire (15 salariés) permettra aux malades de gagner en autonomie.

 

  L'UNAFAM35 s'engage aussi, de façon militante, pour le rapport Piveteau, qui voudrait inscrire dans la loi, l'interdiction de laisser une personne, malade et/ou handicapée, sans une prise en charge (logement, accompagnement sanitaire et/ou social, place dans un institut médico-social etc...). Plus de rupture de la prise en charge. En effet, en psychiatrie on ne compte plus le nombre de patients, sortie de l'HP, qu'on lâche dans la nature, livrés à eux-mêmes (avec l'impuissance des familles) et qui souvent rechutent. Si l'on aide tout le monde, on réduirait grandement les rechutes et donc les frais d'hospitalisation et des dispositifs. Avec cet argent on pourait financer des places dans des dispositifs prenant en charge plus globalement la personne.

  Cela dit, attention, il ne faudrait pas « forcer » le malade à se soigner. Dans le cas de la santé mentale, la coerxision n'a jamais marché. Le plus souvent l'amélioration psychique est le fruit d'une alliance patient/soignants/famille. Il ne faudrait pas non plus que cette loi soit le prétexte pour supprimer des lits dans les HP(au contraire il faudrait en créer).

  Mais l'idée d'un « zéro sans solution » pourrait permettre une moblisation sur les moyens financiers et humains que la psychiatrie, et plus largement tous les dispositifs psys, requièrent.

 

  A la fin de l'assemblée, la présidente-déléguée nous a fait part des perspectives de l'UNAFAM35 pour l'année 2016. Tout d'abord, l'organisation veut péréniser ses activités. Elles ne sont possible que grâce à l'engagement des bénévoles. Ensuite, l'UNAFAM35 voudrait élargir son accueil aux familles d'enfants et ados (pas que les familles d'adultes). En outre, elle voudrait aider à la création du GEM à Vitré, tout comme pour la maison des usagers qui va se créer en 2016 à l'entrée du CHGR. Et bien d'autres choses encore etc …

 

  L'assemblée anuelle aura été l'occasion de faire le point sur l'évolution de l'UNAFAM35 et de ses combats.

Cette réunion de l'Unafam aura permis aussi aux adhérents et sympathisants de se rencontrer, d'échanger sur l'actualité, de donner des nouvelles sur tel ou tel projets, d'échanger des infos...

  Les assenblées sont incontournables pour faire vivre les associations et leurs revendications.

       27ème semaine d'information sur la santé mental du11 au 25 mars 2016

                                                      santé mentale et santé physique : un lien vital

 

                                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                          forum au parc du thabor

                                                        samedi 12 mars

 

 

  Cette année le stand de la SISM se tenait au parc du thabor, à côté du restaurant de ce lieu.

Comme les autres années ça été l'occasion pour les militants de la SISM d'aborder les passants pour leur parler de santé mentale.

Cette année, comme le théme était « santé mentale, santé physique : un lien vital » la SISM Rennaise avait organisé des évènements d'activité physique : de la gymnastique d'entretien, de la marche nordique, une ballade en ville, de la salsa fievra et de la Gymn Suédoise.

Revenons sur la ballade « bien dans sa tête, bien dans ses pieds, bien dans sa ville ».

Elle a surtout été l'occasion de découvir trois structures qui aident les patients à retrouver des activités sociales et à sortir de leur isolement : le CATTP du Louis d'or, L'Autre Regard, Espoir 35.

 

  Qu'est ce qui fait qu'une organisation réussit à créer du lien social pour des personnes fragilisées psychiquement ?

 

  Il n'y a pas de recettes miracles, de protocoles, de solutions clés en main.

Mais il semble indéniable que cela réussit quand les patients sont associés au fonctionnement de la structure. Il faut aussi adapter la structure au public accueilli. Par exemple, certains usagers ont besoin d'être encadrés alors que d'autres apprécient la souplesse de la prise en charge.

  Pour revenir à la journée de la SISM, on nous a présenté le CATTP du Louis d'or. Il permet à ses bénéficiaires de passer librement dans ses locaux, que ce soit juste pour prendre un café et bavarder, ou que ce soit pour éffectuer une activité beaucoup plus longue.

  On nous a aussi présenté l'association « L'Autre Regard » Ces 2 stuctures ont beaucoup de points similaires mais leur différence fondamentale est que le « Louis d'or » est animé par des soignants (infirmiers, ergothérapeutes etc...) alors que « L'Autre Regard » est animé par des animateurs salarié ou des bénévoles (patients stabilisés).

L'Autre Regard donne aussi plus de pouvoir aux usagers. En outre, historiquement, la création des CATTP vient de l'état, alors que l'Autre Regard est à l'initiative de soignants et de patients.

Quant à la 3ième structure que nous avons visité, elle est de nature différente.

  En effet, Espoir 35 s'occupe surtout de résidences adaptés aux patients et d'accompagnement social. Cela peux être complémentaires avec les deux autres structures. En effet, certaines personnes ne peuvent pas encore être autonomes pour gérer leur logement ou ont trop d'angoisses à rester seules dans leur logement. Par exemple, certains ont besoins qu'on passe les voir régulièrement et qu'on les aide à gérer leur vie domestique (ménage, cuisine, etc...)

  En outre, certains patients ont besoin qu'on les aide dans leur vie sociale. C'est ce qu'on apelle le dispositif SAVS (un des service d'Espoir 35). Cela peut-être l'aide à se débrouiller avec les papiers administratifs, l'aide à faire ds démarches, mais aussi surtout c'est l'aide à renouer avec les activités sociales. Selon la demande du bénéficiaire, l'aidant (souvent un éducateur) pourra, par exemple, aller au cinéma, faire un jogging, faire un jeu de société etc...Ce sera aussi pour l'aidant SAVS de mieux connaître le bénéficiaire et donc de mieux l'aider.

En effet, on aide un patient pas qu'avec des consultations dans un bureau, mais aussi avec une aide dans la vie concrète du patient, sur le terrain, de façon individualisée.

 

  Pour conclure, on dira que ces 3 structures ne font pas que du social mais participent aussi aux soins. La « maladie »psychique ne sera jamais résolue par la seule prise médicamenteuse. Toutes personne a besoin d'une vie sociale pour avoir une « bonne santé mentale ». Nous affirmons que de tels dispositifs ont une efficacité médicale et sociale mais aussi économique. En effet, si une prise en charge sociale peut sembler avoir un coût élevé, il n'en est rien, au contraire. Car une personne sauvée par l'intervention sociale, prendra moins de médicaments et sera beaucoup moins hospitalisée.(donc une diminution des coûts pour la société).

  Espérons que les pouvoirs pubclics ne se contenteront pas de maintenir les dispositifs existants mais investiront dans l'innovation sociale et la psychothérapie institutionnelle, tout en améliorant l'hôpital public.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                           

 

 

 

                                                          Entre corps et âme

                                                                clinique du moulin/mardi 15 mars

 

 

 

   En 20ans, la clinique du Moulin, basée sur la commune de Bruz,a fortement développé les activités pour ses patients.

Pour la SISM la clinique a ouvert ses portes. En accord avec le sujet de cette année, elle a présenté ses ateliers et groupes thérapeutiques de médiation corporelle.

  Un professionnel de chaque activité a présenté sa thérapie, toujours très disponibles et ouvert à la discussion. La clinique offre une multitude d'activités. Il y a beaucoup de patients dépressifs à la clinique du Moulin. Souvent ils sont obsédés par des pensées négatives, des ruminations. En plus ou à la place des thérapies chimiques on peut utiliser des thérapies de médiation corporelle. La sophrologie, la méditation, la res piration permettent de ressentir son corps (ce n'est plus j'ai un corps mais je suis un corps) et donc d'effectuer un « lâcher prise ».

 

   Une autre activité développée par la clinique est le théâtre (qui sollicite beaucoup le corps).

Mais attention pas le théâtre des « grands égos » et de la performance. Non un théâtre modeste, adapté, thérapeutique. Un théatre pour se défouler. Dès lors, les animateurs ne jugent jamais l'interprétation scénique. En effet, le but n'est pas d'être performant, de bien jouer, de bien parler mais de relancer l'imaginaire (souvent éteints chez les dépressifs). D'ailleurs l'atelier théatre ne fait jamais de représentations. Tout d'abord parce que la plupart des patients fréquentent l'atelier de façon trop éphémère et surtout parce que la représentation générerait trop de stress (ce qui est le but inverse d'une clinique psy!)

 

   Un atelier très original, en psychiatrie, est proposé par la clinique. Il s'agit du massage. Ce n'est pas une coquetterie thérapeutique. En effet, l'infirmière nous explique qu'en occident « on ne touche plus son corps ». Or le contact des mains sur le corps, quand il est effectué avec habileté et douceur, peut apaiser les plus nerveux.

 

   Le jardin peut aussi déconnecter les patients de leurs souffrances. Le contact avec la nature, la terre, permet d'utiliser ses mains et ne plus se servir de son cerveau pour un temps.

 

   Toutes ces activités mise en place par la clinique du Moulin ne sont pas justes des occupations, des petites choses en plus, mais participent aux soins. En tout cas il est avéré que laisser des patients dans l'oisiveté (juste fumer et regarder la télé) ne concours pas à leur rétablissement. D'ailleurs pour maintenir le rétablissement par les activités, il faut qu'une fois sortis de la clinique, les patients trouvent de nouvelles acivités. Pour les plus chanceux cela peut être le travail (d'ailleurs cela devrait être le cas pour tout le monde). Mais malheureusement pour les autres, il ne faut pas que la sortie de la clinique (ou de l'hôpital public d'ailleurs) corresponde à un vide social. Le relais doit être repris par des sructures offrant des activités (hôpital de jour, cattp, gem, etc...) voir par des SAVS . Mais si il n'y a pas de passerelles entre les deux, la personne peut rechuter.

 

   La clinique du Moulin peut redonner une dynamique humaine. Tout simplement parce que la personne a fait des rencontres et a créé des liens d'amitié (voir des liens amoureux!) Les stuctures où l'on vit ensemble (on mange ensemble, on partage le temps ensemble, on partage les soirées etc...) comme à l'hôpital, à la clinique, dans les centres de réadaptation, créent beaucoup plus de liens d'amitié que les structures de type hopital de jour, cattp, gem.

Or dans le parcours d'un patient, il arrive que les liens créés soient fragiles et s'estompent. Même si la personne ne souffre pas trop de son trouble elle ressent à nouveau un manque affectif. Mais on ne va tout de même pas réhospitaliser une personne pour juste recréer des liens d'amitié !

De nouvelles structures restent à inventer.

 

 

 

 

 

 

                    

 

                                                      

 

 

 

 

                                         mon club de sport je t'aime moi non plus

                                     théâtre-débat le jeudi 17 mars au CSTC et au bar la Quincaillerie Générale

 

 

 

   Faire du sport, c'est bon pour la santé. Cette phrase semble être une évidence. En revanche, ce qui est plus dure, c'est comment faire du sport, et à fortiori, pour les personnes fragilisées psychiquement.

 

   C'est cette question qui a été abordée lors de la journée du 17 mars. D'abord au CSTC du CHGR à partir de 14h30, puis au bar La Quainquaillerie Générale de 19h à 20h.

La compagnie de théâtre « Quidam » a initié les deux rencontres. Avec justesse et drôlerie, elle a montré que s'inscrire dans une activité sportive, dans un club, ça ne va pas de soi. Pour une personne en troubles psychiques cela peut même être un parcours du combattant. Tout d'abord, le rapport à l'autre, la timidité, l'interprétation peuvent freiner ou empêcher l'insertion dans un club.

Certains, vu leur aisance sociale, peuvent s'intégrer facilement au groupe, à la petite « communauté sportive ». En revanche, d'autres quand ils ne connaissent pas les gens, ont beaucoup de mal à rentrer en contact avec les autres.

En outre, la compétition ou l'esprit de compétition de certains clubs peut faire perdre la confiance en soi et annihiler les chances de s'intégrer dans l'activité, qui est aussi un milieu humain, avec ses règles et ses convenances où il faut « savoir-être » Par exemple, si l'entraîneur critique vertement ses joueurs, une personne sensible peut interpréter ces critiques comme une accusation, une offense et du coup décider de ne plus jamais revenir.

 

  Alors que faire pour que les personnes en troubles psychiques puissent quand même pratiquer une activité sportive ?

 

   La première solution peut être le recours à un aidant, par exemple un éducateur de SAVS. Il faut savoir que certaines personnes ont beaucoup de mal à sortir de chez eux. Notamment elles ont beaucoup de mal à prendre les transports en commun ou si elles ont la chance d'avoir une voiture, elles ne peuvent qu'effectuer des trajets très courts. Ce n'est pas par feignantise mais c'est parce que elles ont beaucoup de mal avec le regard des autres (elles peuvent l'interpréter de façon paranoïaque), avec la foule, la nervosité et le côté « speed » des gens, etc...

   Dés lors, elles ont besoin d'aide pour déjà accéder au sport. Par exemple un aidant pourra au départ faire un jogging avec la personne fragilisée, puis peu à peu, la personne reprenant confiance en elle, cette dernière pourra effectuer son jogging toute seule.

   Mais qu'en est il pour les personnes fragilisées voulant intégrer un club de sport ?

A Rennes on peut citer le dispositif « bien dans son sport ».

Il permet qu'un référent accueille et accompagne une personne vers une activité physique et sportive proposée dans son club.

 

   Alors faut il proposer du sport dans des activités adaptées, protégées ou tout faire pour une intégration dans un club de sport ordinaire ?

 

   Peut-être faut-il procéder par étapes.

Si une personne est trop fragile, pas assez autonome, ne pouvant s'ajuster à l'altérité des autres il faut mieux qu'elle commence par des activités protégées (dans les GEM par exemple).

Cela dit l'objectif doit rester l'intégration dans la cité donc dans un club de sport ordinaire. En effet une personne qui a bien progressée, vaincue ses angoisses, peut malgré la récurrence de ses troubles psy, trouver une place dans un club de sport. Et donc aussi dans la société.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                        

 

 

 

 

                                                           L'art de se re-poser

                                                   collège Anne de Bretagne/vendredi 18 mars

 

   Qu'est ce que se reposer ?

Est ce faire une petite sieste, vaquer à des activités agréables, être seul, être en groupe ?

   Dominique Chrétien, membre de l'association « au bout du plongeoir » nous a fait nous interroger sur la notion du repos. Finalement, elle semble relative à chaque personne et à chaque catégorie sociale. En cette période de culte de la performance, de la compétition, le repos semble antinomique à la nécessité d'être actif. Il serait une perte de temps et une faiblesse. Mais pour Dominique Chrétien les deux peuvent être complémentaires. Le repos peut permettre d'être plus actif, de redonner de la force à son activité. Encore faut-il savoir, personnellement, comment se reposer ?

Par exemple les personnes en dépression malgrè qu'elles restent longtemps au lit, se sentent fatiguées, vidées. Cela amène à penser que pour vraiment se reposer, il faut un relâchement nerveux, une quiétude.

 

 

 

 

 

 

                                                                  

 

 

 

 

 

                                                   Danse avec la gravité

                                film documentaire/théatre de la parcheminerie/vendredi 18 mars

 

   L'activité corporelle, l'atelier chorégraphique est-elle un loisir comme les autres ?

Qu'est ce qui fait qu'une telle activité peut aider concrètement des personnes fragilisées ?

 

   Ce documentaire de Nicolas LeBorgne montre comment 15 femmes en réinsertion ont suivi en 2014 un atelier chorégraphique à Brest.

 

   Pour ces femmes, participer à un tel atelier, c'est d'abord se prouver à elles mêmes, qu'elle sont capables de réaliser une œuvre artistique. La danse n'est pas réservée à une élite, à des professionnels surdoués du mouvement corporel. D'ailleurs, très courageuses, elles iront jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'à la représentation devant le public. Si certains metteurs en scènes peuvent penser que c'est trop de stress pour le chorégraphe brestois cela donne un sens, une reconnaissance à tout le travail accompli.

 

   L'autre intêret d'un atelier chorégraphique c'est le rapport au corps. Souvent la souffrance psychique va de pair avec une maltraitance de son corps. On mange mal, on a moins d'hygiène, on ne le met pas en valeur etc..Par les exercices chorégraphiques, on peut retrouver l'intérêt de valoriser son corps.

 

   En outre, et ce qui est bien montré dans le film, c'est le fait de toucher l'autre, de rentrer en communication avec les autres corps. Ces femmes ont vécu des choses très dures et elles ont souvent perdu la confiance dans les autres. L'exercice de se laisser tomber sur les autres le montre très bien. Petit à petit, on voit que ces femmes s'apprivoisent.

 

   Surtout elles peuvent se laisser aller, « déconner ». Dans une société où il faut toujours se contrôler, se contenir, même au niveau du corps, la danse libère le corps de toutes les injonctions intériorisées corporellement.

 

  Enfin, le dernier grand intérêt que l'on peut trouver dans l'atelier de danse est celui qu'on retrouve dans tous les activités de « resocialisation ». En partageant une activité, on est obligé de se parler, d'échanger, de construire des choses ensembles. Dès lors, on peut retrouver une vie sociale, indispensable à la « bonne santé mentale ».

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                               

 

 

 

                                            Le corps, la maladie et le médicament, un lien vital

 

                                                                          Fil Rouge/lundi 21 mars

 

 

 

   Lors de cette soirée ce sont les patients qui ont pris la parole.

Ils ont témoignés de leur troubles, de leurs parcours, de leurs échecs, de leurs réussites et donc de la spécificité d'avoir « une maladie psychique »

 

   On a beaucoup parlé des médicaments. La plupart les trouvent utiles. Mais la plupart aussi se plaignent fortement des effets secondaires. Au delà de la prise de poids, de la sédation, un patient nous a très bien expliqué le bouleversement d'une modification chimique du cerveau.

Pour lui, avec les neuroleptiques, le pire c'est l'énorme dimunition du ressenti. Cela ne veut pas dire qu'on a pas d'émotions mais que les sensations s'aténuent fortement. Par exemple on ne ressent plus un feu de cheminée l'hiver, l'ambiance d'un début de week-end, etc...D'ailleurs quand on arrête de prendre des neuroleptiques, on a l'impression de « revivre », de retrouver toutes les sensations de la vie.

   Un autre effet secondaire des neuroleptiques, qui est d'ailleurs peu reconnu par les psychiatres, c'est le changement de personnalité. Par exemple une personne douce, calme, pateinte va devenir agressive et égoïste. Une autre, plutôt empathique va devenir narcissique etc...

   En écoutant les différents témoignages, on comprend qu'il n'y a pas de recettes applicables à tous les patients. On pourait même dire que la psychiatrie n'est pas une science mais un tâtonnement.

Ceci marche pour certains mais pas pour d' autres. On avait trouvé un équilibre pendant longtemps -médicaments, psychothérapie, activités- aujourd'ui ça ne marche plus. Tel médicament devrait faire ça, il fait le contraire. D'ailleurs, souvent on teste beaucoup de médicaments, avant qu'on en trouve un qui marche.

 

   Il a aussi été question de la difficulté d'aller vers les autres quand on est envahi par ses troubles. Nous avons déjà parler de l'intégration dans les autres articles. Nous redirons juste que certaines personnes ont des difficultés dans les structures ordinaires à cause du poids du regard de l'autre, du jugement, du « il faut être comme ceci ».

 

   Beaucoup de personnes se stabilisent avec les médicaments. Pas que grâce aux médicaments. Avec l'âge, l'expérience de la vie, une certaine sagesse, des personnes qui ont été très « malades » peuvent trouver un certain équilibre et une vie sociale. Il ne faut jamais oublier que les troubles psychiques ne sont pas qu'une affaire de cerveau mais aussi de rapport à l'autre, de rapports sociaux et surtout de reconnaissance sociale. Sans nier les diverses pathologies, il est bon de rappeler que personne n'est figé dans une « maladie » et que c'est le monde social qui nous produit.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                   Soins en addictolgie

                                                         CRIJ Bretagne/Mercredi 23 mars

 

 

   Les personnes fragilisées psychiquement, affectées de pathologie, ont beaucoup plus de risques que les autres, de sombrer dans les addictions.

 

  Même si chaque cas est unique, que peut on dire sur les mécanismes qui rendent addicts ?

 

   Au niveau thérapeutique, on peut dire que le travail en réseau des intervenants (comme à Rennes notamment) permet de travailler efficacement sur tous les différents aspects des addictions (biologique, psychologique, social). En effet, les causes d'une addiction varient selon les personnes, leur parcours, leur environnement, leur catégorie sociale. Prenons deux exemples particuliers qui ont des ressorts très différents. Par exemple une personne très timide peut s'alcooliser à outrance pour obtenir la désinhibition qui lui permettera de participer à la conversation. Autre exemple, une personne affectée de souffrance physique s'alcoolise pour supporter la douleur.

 

   On peut aussi tenter d'expliquer l'alcoolisme par des raisons socio-culturelles.

Par exemple, toujours dans l'alcoolisme, la littérature et le cinéma sont comme des marqueurs sociaux. En effet, on y voit souvent des protagonistes, en plein dessaroi, se réfugier dans l'alcool. Du coup, toutes ces productions culturelles font associer coup dur et alcool.

   En outre, pour certains chercheurs, l'alcoolisme proviendrait aussi d'une certaine « anomie »(le désir devient illimité).On aurait perdu un certain savoir manger et savoir boire qui engendreraient une déconnection entre consommation d'alcool et rites sociaux.

 

   Mais au niveau du parcours de la personne, qu'est ce qui fait qu'on sombre dans l'addiction ?

Le psychologue Yoland Davis nous a beaucoup parlé des limites. Il faut d'abord rappeler qu'au début , l'addiction c'est beaucoup de plaisir. Heureusement, la plupart des gens « gérent » ce plaisir.

Pourquoi ?

Parce que ils se fixent des limites dans leur consomation. D'autres, dans un laisser-aller un peu Punk(no futur) franchissent les limites et le piége se referme sur eux.

 

   Comment réagir (notamment l'entourage) à l'addiction d'une personne ?

   Faut-il rester seulement dans la compassion ?

   Faut-il menacer, faire du chantage ? (si tu n'arrêtes pas de boire je te quitte, pense à tes enfants etc...)

   Faut-il forcer à la consultation ?

Difficile de répondre. En tous cas, on constate malheureusement que souvent l'arrêt ou la dimunition de l'addiction vient d'une prise de conscience d'un danger extrément grâve (peur de mourir, de perdre son emploi, désir de conserver son conjoint etc...) dû à l'addiction. On peut aussi dire que le soin ne peut se faire qu'avec la demande de la personne concernée.

 

   Pour conclure, on ne peut s'empêcher de dire une chose banale : l'addiction vient d'une souffrance psychique. Une fois que l'addiction est mise en place, elle engendre une telle dépendance, que même si on va mieux, qu'on a de la volonté, il est très dur de s'arrêter.

   Peut-être que quand plusieurs facteurs sont réunis, on peut avoir plus de chances pour réussir à s'arrêter. Une stabilité affective, familliale, professionnelle,y concourrent.

En tous cas il faut rappeler qu'une prise en charge pluridisciplinaire est indispensable contre les addictions. Rester seul face à son addiction est la pire des choses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                    Bien dans mon corps, bien dans ma tête aussi

                                                            Les champs Libres /vendredi 25 Mars

 

  Comme chaque année, depuis 4 ans, a été organisée, à l'étage de l'espace de la vie du citoyen des Champs Libres une « bibliothèque vivante ».

  L'idée est très simple, on emprunte des « livres vivants » qui sont en fait, des professionnels, des militants, des spécialistes, avec qui on peut discuter, librement, dans la plus grande intimité.

 

  Les profils des personnes avec qui on peut s'entretenir sont très variés : un infirmier qui propose des activités sportives à ses patients, un usager des services psy, un passionné de vélo, une psychologue qui fait du sport de haut niveau, une infirmière qui fait de la balnéothérapie avec ses patients etc...

 

  Tous bien sûr, sont convaincus du bienfait de l'activité physique sur la santé mentale. Selon leurs expériences et leurs fonctions, ils proposent des arguments différents. L'une explique que l'homme est fait, de part son patrimoine génétique, pour avoir des activités physiques. Ou encore, pour la balnéothérapie, qu' être dans l'eau, revient à être comme le fœtus dans le ventre de sa mère. Plus généralement, on sait bien que l'effort physique, au bout d'un moment, devient un plaisir physique (les endorphines etc...)

 

  D'autres évoquent un intérêt non pas exclusivement physique, mais aussi social et cognitif. Cela peut paraître banal,mais le fait juste de rentrer dans un jeu sportif permet déjà de façon pratique, d'oublier ses soucis, de penser à autres choses etc...C'est déjà ça de gagné.

 

  L'évocation de ce sujet doit aussi être l'occasion de le confronter avec le fonctionnement de l'hôpital psychiatrique de Rennes, le CHGR. Alors que tout le monde loue les vertus du sport, il reste sous-développé à l'HP. Certes certains soignants se démènent pour faire vivre des activités physiques. Mais le problème est pour les patients qui ne restent qu'un ou deux mois à l'hôpital. Pour eux c'est trop souvent l'oisiveté totale (juste cigarettes et télé). Certes on ne peut proposer une activité structurée à une personne trop agitée et délirante. Mais que fait- on quand ça va mieux ? De toute façon on peut toujours adapter le sport aux difficultés du patient. Le pire c'est surement le dimanche, quand beaucoup de patients sont en permission. A ce moment là, pour ceux qui restent, l'ennui devient terrible, asphyxiant.

  Alors ne nous contentons pas d'encenser le sport, mettons le en place, même pour les courtes durées d'hospitalisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Que s'est-il passé le 2 décembre 2015 à Rennes ?

 

  Babacar Guèye était un jeune homme de 27 ans, migrant, d'origine sénégalaise qui vivait à Rennes. Il était sans papiers et vivait chez sa sœur.

Dans la nuit du 2 décembre au 3 décembre, il passe une soirée chez un ami. Ce dernier lui propose de dormir dans son appartement.

 

  Nous donnons ici la version des proches de Babacar. Il se réveille, très angoissé. Son ami a cru qu'il allait se rendormir. Mais malheureusement, 15 minutes plus tard, pris d'une attaque de panique, il en vient à s'auto-mutiler avec un couteau à steak (un couteau à pain).

  Il devient agité. Dès lors, on appelle les pompiers, qui appellent la police sans en informé l'ami de Babacar. Et c'est là que surgit le drame. Tout ce qu'on peut dire c'est que des policiers n'ont pas réussi à maîtriser la personne en souffrance psychique et ont tirés 5 balles sur le jeune homme, le tuant.

 

  Ils ont utilisé le tazer mais il s'est enraillé une première fois, puis a été lancé dans une porte la seconde fois. Ils ont aussi sorti 2 matraques téléscopiques mais ils ne s'en sont pas servi.

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  C'est très difficile d'agir face à une personne en pleine décompensation, de surcroit si elle est agitée.

La seule solution pour éviter ces tragédies, serait de former tous les intervenants (policiers, gendarmes, pompiers, SAMU, S-O-S médecins etc...) pour leur donner des compétences dans la gestion des personnes en crise psychique. Peut-être même, il faudrait créer en France, un corps de médiateurs, spécialisés dans les décompensations psychiques qui serait beaucoup plus à même de gérer ces situations si difficiles.

 

Le samedi 12 décembre, 300 personnes ont manifesté en mémoire de Babacar Guèye.

 

  En France nous pouvons éviter de telles tragédies, mais il faudrait que les différents acteurs (politiques, associatifs, fonctionnaires de santé etc..) s'emparent de la question de l'intervention lors des grosses crises psychiques avec agitation.

 

                                                                   Plus jamais ça.

 

 

                   L'UNDMD* à Rennes

 

*union national des dépressifs et maniaco-dépressifs

 

  L'undmd a été créée en 2003 par Jean marie Roy, aidé par des psychiatres.

 

  Tous les jeudi soirs se réunissent, dans un petit local rue d'Italie, des personnes affectées par des troubles bipolaires de l'humeur. Cette maladie, de plus en plus connus par le grand public, provoque chez la personne des accès de dépression et d 'autres d'exaltation.

  Le plus souvent, la réunion est animée et modérée par une psychologue. Cette dernière veille à ce que chacun ait la parole. En outre, fort de ses compétences en psychologie, elle relance et interpelle les différents convives.

 

  Quel est l'intérêt de venir a de telles réunions ?

 

  D'abord, comme pour tous les groupes de paroles, cela permet de relativiser ses propres souffrances. Je ne suis pas seul au monde, d'autres êtres humains souffrent de troubles similaires. Avec mon histoire je me confronte aux autres et cela peut donner un sens à mes souffrances.

 

  Quels sont les différents publics qui vont à l'UNDMD ?

 

  Presqu'à chaque réunion de nouvelles personnes se joignent au groupe.

Certaines découvrent la maladie. Ils sont en attente d'explications. Dès lors, la psychologue et les membres plus anciens donnent des conseils et confrontent les expériences. D'autres sont malades depuis longtemps, mais viennent à l'UNDMD, car ils ressentent le besoin de parler de l'évolution de leurs troubles.

Un bon nombre aussi, sont des habitués, voir viennent à chaque réunion. Ils apprécient ce qu'on pourrait appeler une « psychothérapie de groupe ».

 

  Qu'est ce qui se passe dans une réunion UNDMD ?

 

  Ce sont d'abord des relations humaines qui se créent. En effet, à l'UNDMD on sympathise, on compatie, on partage, on évalue, on échange etc... Bref on est un groupe, pas juste des individus isolés. Par exemple, on échange sur les médicaments(« moi j'ai essayé ça, moi ça a marché, moi ça a pas marché etc...) On évoque les psys ou les différentes thérapies etc...

On parle des problèmes (et des réussites aussi) que tout le monde peut rencontrer. Mais on constate que la bipolarité engendre une hyper-réactivité émotionnelle. Dès lors, les situations sociales sont vécus avec beaucoup plus d'intensité et cela peut devenir très handicapant et parfois généré beaucoup de souffrance. Il est donc beaucoup plus dur d'avoir l'âme en paix. Même si des périodes sans troubles peuvent exister, généralement, de forts résidus de la maladie perdurent : stress, déprime, TOC, etc... Aussi il faut toujours se battre avec ses vieux démons. La jouissance de l'exaltation et la possible dépression ne sont jamais éteintes.

 

  Qu'est ce que nous dit l'UNDMD de nos rapports sociaux ?

 

  Les toubles bipolaires de l'humeur ne sont pas que des problèmes de pathologie psychique.

Ce sont aussi des problèmes sociaux et économiques.

Au cours des réunions les problèmes au travail sont récurrents. A l'heure de la mondialisation néo-libéral et de la « rationalisation du tavail », il n'est pas très bon d'être trop sensible. La course à la performance (d'ailleurs pas que dans l'économique) veut qu'on se débarasse des plus fragiles (en fait les personnes les moins maléables).

En témoigne un exemple sidéreant, entendu à l'UNDMD.

C'est une femme d'environ 50 ans qui souffre surtout de dépression. Elle travaille dans une boîte depuis environ 20ans. Tout allait assez bien, jusqu'au jour ou l'entreprise décide de changer de système informatique. Et la patatras, elle a beaucoup de mal à assimiler la nouvelle donne informatique. Ces supérieurs s'en aperçoivent. Peu à peu ils décident de pousser à bout la malheureuse pour qu'elle démissione. Par un procédé simple et très sournois : la supérieure, par oral lui donne des informations volontairement fausses. Dès lors, l'employée ne peut effectuer son travail et sa détresse grandit. Quel rapport me direz vous avec les troubles de l'humeur ? Et bien juste que notre société, au lieu d'aider et de protéger les plus fragiles, fait le contraire, elle les enfonce.

Nous pourrions aussi parler de la vie sentimentale et des relations d'amitié. La aussi on remarque une précarité plus forte qu'ailleurs.

 

  Mais revenons à l'UNDMD. L'association montre que la verbalisation de ses troubles (le fameux mettre des mots sur ses maux) est toujours positif. De surcroit, l'association montre que l'on peut trouver des réponses avec ses pairs, dans une élaboration collective. Ce sont des moments de vie ou l' on peut se livrer sans crainte d'être jugé, ou l'on a pas besoin de faire semblant, de jouer un rôle social.

  La vie est précaire... et encore plus pour les bipolaires. Heureusement, tous les jeudis, la réunion de l'UNDMD est toujours là.

 

voir les coordonnées et les horaires de l'UNDMD dans la rubrique agenda

 

 

 

 

                            Fête du centre hospitalier Guillaume Régnier

                                                                du Vendredi 29 Mai 2015

 

 

 

  Comment faire vivre l'hôpital ?

  Est ce que l'hôpital psychiatrique est juste un lieu de soin ou peut-il créer une vie sociale en son sein ?

 

  La fête du CHGR de 2015 montre une fois de plus qu'on peut réussir à créer un événement festif et convivial qui est un sens social et thérapeutique.

D'abord pour les patients hospitalisés.

Cela les change du « cigarette-télé-dodo »

En outre, c'est l'occasion pour certains de vendre des petits objets (cuir, céramique, peinture etc...) qu'ils ont réalisés eux-mêmes dans des ateliers d'ergothérapie. Cela montre à soi-même que l'on est capable de faire quelque chose et donne ainsi une reconnaissance (mon travail a de la valeur puisqu'on réussit à le vendre). Mais l'ergothérapie a aussi pour but d'évaluer les patients. S'ils réussissent tel ou tel travail ils peuvent aller en milieu protégé ou en milieu ordinaire.

 

  Mais revenons à la fête.

On peut dire que les différents groupes de musiques et de théâtre ont fortement contribués à mettre « l'ambiance ».

Moment fort de la journée : la déambulation dans l'enceinte de l'hôpital. Cela a permis à ceux qu'ils le voulaient d'effectuer une petite visite de l'hôpital. Le tout accompagné du groupe de percussion « SAMBADABOOM » qui mit « le feu » dans les rues de l'hôpital d'habitude si calmes.

Sinon à côté du CSTC étaient installés différents stands. Des crêpes, des galettes saucisses, des frites, pour se restaurer. Comme on l'a évoqué plus haut, des stands proposés à la vente des petits objets à des prix fort bas. Et pour ne pas s'ennuyer, différents jeux étaient proposés au public (boules, palets, trous à chat, sabots ciblés etc...) A la fin de l'après-midi eu lieu le tirage au sort de la tombola.

 

  Que peut-on penser d'un tel évènement ?

Tout d'abord que les différentes personnes se reconnaissent dans cette fête puisqu'environ 200 personnes y ont participés.

Est ce juste un rituel festif ?

Pas que.

  Il faut avoir en tête que beaucoup de patients souffrent d'un isolement social et affectif qui les bloquent dans l'amélioration de leur santé mentale. Un tel événement leur permet d'accéder « comme tout le monde » aux différents cycles de la vie sociale, dont les fêtes.

A l'heure de la suppression du repos dominical, des jours fériés, de la généralisation de la précarité au travail et donc de l'atomisation des rytmes sociaux, il nous faut rappeler l'importance des évènements et des temps en commun, auquels tout le monde peux participer et notamment les personnes en troubles psychiques (et c'est peut-être encore plus important pour eux).

Nous ne pouvons qu'exhorter le comité inter-associatif du CHGR (organisateur de la fête) a organiser plus d' évènements. Ce ne sont pas des dépenses futiles mais un moyen socio-thérapeutique d'améliorer la santé mentale. En fait, c'est rappeler que la souffrance psychique n'est pas qu'un problème de « cerveau », mais aussi un problème de relations sociales. 

 

  Les plus faibles ont besoin de sociabilité qui leur soit accessible, comme la fête du CHGR.

 

Mercredi 25 avril 2015 à 18h30

L'adolescence en questions

avec Jean-Claude Quentel

 

 

Les Champs Libres

Semaine d'information sur la santé mentale

Rennes-du 14 au 26 Mars 2015

 

 

               Place de la mairie « L'adolescence, parlons-en ! » samedi 14 mars

 

  Dès 11h30, place de la mairie, se sont retrouvés tous les différents acteurs de la semaine d'information de la santé mentale. Des panneaux, avec des messages, étaient exposés sur toute une partie de la place. Des petits messages interpellaient les passants. Sur d'autres ce sont de véritables témoignages que les gens pouvaient lire. Certaines expressions étaient vraiment poignantes et riches de sens. Comme « Je n'accepte pas ma maladie qui est permanente, elle me tient à tout instant de la journée » ou « parfois, faire un effort m'est impossible. Ma volonté est torpillée » et encore « chaque fait, chaque geste est toujours suspecté d'être l'expression de la maladie ».

  Des militants du SISM(la semaine d'information sur la santé mentale) ont distribué le programme à toutes les personnes qui passaient par la place.

Défois, des discussions s'engageaient sur la santé mentale et les militants pouvaient orienter les personnes sur les différentes structures de santé mentale sur Rennes. Par exemple, une éducatrice spécialisé, nouvellement installée à Rennes est venue se renseigner sur ce qui existe dans la région.

  L'intérêt d'une telle manifestation c'est que quasiment tous les acteurs de la santé mentale de Rennes se trouvent au même endroit et au même moment. Pour un patient, un membre de la famille d'un patient, un professionnel, cela permet de trouver très facilement un interlocuteur qui convient à sa problématique.

L'autre grand intérêt est pour les acteurs de la santé mentale (dans toute sa diversité : associations, institutions etc...). En effet, c'est le seul moment de l'année où tout le monde peut se retrouver.

Les uns et les autres peuvent prendre des nouvelles des autres structures, échanger sur l'évolution de la santé mentale, parler de ce qui marche ou de ce qui ne marche pas, rencontrer de nouveaux acteurs etc...En toute convivialité.

 

  Cette manifestation est importante car elle se tient sur la place publique.

Cela veut dire qu'on ne se cache pas et qu'on affronte, sans tabous, le regard et les réactions des gens.

 

 

En 2ème partie de la journée, nous sommes tous allés, vers 18h, au Cinéma Arvor, voir le film « Deux temps, trois mouvements » du réalisateur Chritophe Cousin avec Zacharie Chasseriaud, Antoine l'Ecuyer, Aura Atika

 

  Le film raconte l'histoire d'un gamin d'environ 14 ans qui vient de perdre son père et qui est forcé de déménager au Québec. Il ne se sent pas à sa place, ni à l'école, ni avec sa mère. Il arrive souvent en retard et sèche les cours. Il va être le témoin impuissant, du suicide de l'un de ses camarades.

Le film montre les expérimentations de l'adolescence : le sexe, le cannabis, les transgressions etc...

Il met en lumière les difficultés de l'autorité parentale, attisé dans une famille monoparentale (par exemple l'enfant est défiant avec les petits amis de sa mère).

En fait c'est une période où l'on se cherche et ou le manque de réponses, le manque de sens par rapport au monde, peut amener, paradoxalement, puisque qu'on ne connait pas encore le monde, à vouloir en sortir.

 

Après le film a eu lieu un débat mais je n'ai pas pu y assister.

 

 

                                Lundi 16 mars institut « Tomkiewicz ».

 

  Tout d'abord, pourquoi le dispositif s'appelle : « Tomkiewicz » ?

Et bien c'est un hommage à Mr Tomkiewicz qui fut un grand défenseur des handicapés et qui lutta toute sa vie contre la maltraitance des plus faibles.

  On peut dire que l'institut est assez alternatif puisqu'il propose des méthodes éducatives et pédagogiques qui s'adaptent à la personne (au sujet diraient les psychanalystes). En fait, l'institut s'occupe d'enfants ayant des troubles du comportement nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire.

  Comment fonctionne l'institut ?

Par le biais du conseil de la vie sociale les jeunes et leurs parents, avec les professionnels, décident d'activités qu'ils veulent mettre en place (comme un séjour à la neige, etc...).

Peut-être qu'un des buts de la structure est de venir en aide aux ados avant que leurs difficultés s'enveniment et ne se transforment en pathologie (et ainsi éviter les médicaments).

Il est à noter que l'institut possède un internat pour que certains jeunes puissent y passer plusieurs nuits. Mais ce n'est pas un bâtiment gris et terne mais une véritable petite maison. En visualisant les photos du lieu on sent la convivialité et le côté très familial.

  Au niveau de la prise en charge scolaire, c'est comme pour le reste, à la carte.

Soit les jeunes peuvent soutenir un cursus classique et du coup l'enseignant de l'institut ne fait que du soutien scolaire (aide aux devoirs ect...). Soit l'ado ne peut pas s'investir dans une démarche uniformisée et c'est l'enseignant du centre qui s'occupe de la scolarité.

C'est une pédagogie dite « par projets ». Ainsi cette année, les élèves ont travaillé sur le Moyen-Age. Ils ont eux-mêmes fait des recherches sur cette période historique, ce qui a été propice à étudier d'autres matières (francais,etc...)

En outre, les jeunes peuvent bénéficier d'activités thérapeutiques : art-thérapie, équithérapie, jeux de société, psychomotricité, etc ...En effet, pour certains jeunes la psychothérapie par la parole, dans un bureau, ne suffit pas. Ils ont besoin pour s'exprimer, de médias dans lesquels ils se sentent plus à l'aise, sans besoin de compétences verbales.

Pour conclure, on dira que l'institut met au centre de ses efforts, l'ado , personne humaine, en s'adaptant toujours à sa singularité. Vu la complexité de la personne humaine, dû, dans nos sociétés modernes, à l'extrême division du travail et à la volatilité des statuts sociaux, l'approche par « protocole » ne marche pas.

 

  Toute l'équipe de l'institut Tomkienwicz prouve, par leur pratiques quotidennes, pragmatiques, qu'avec du temps, de l'innovation, une souplesse dans les dispositifs, on peut obtenir de biens meilleurs résultats.

 

 

                         Mardi 17 mars « Bibliothèque de livres vivants :

                          "adolescence et santé mental, si on en parlait ? "

 

  Cette manifestation fut proposée et animée par des professionnels du Centre Ressource Familles et Troubles Psychotiques du CHGR et des bibliothécaires des Champs Libres.

 

Cette rencontre, pour la 3ème fois consécutive, est très originale et fort intéressante. Elle proposait d'emprunter des "livres vivants", en fait des professionnels et usagers du monde psy.

 

 Incroyable, pendant 20 min, on a un spécialiste rien que pour soi. Toutes les questions sont permises et possibles. Et en plus, on peut choisir « ses livres » parmi un large panel de spécialistes, qui ont vraiment des choses à dire. Sur un mode intimiste, les professionnels ont répondu à toutes les questions, sans tabous, dans tous les domaines couvrant la problématique de l'adolescence. On pouvait donc véritablement rencontrer : une infirmière scolaire, un pédo-psychiatre, une cadre de santé, une éducatrice travaillant pour la justice etc...

 

  Saluons donc la disponibilité de ces professionnels et vivement à l'année prochaine pour une nouvelle bibliothèque de livres vivants.

 

Mercredi 18 Mars 16h30-19h « Je crise depuis mon adolescence »

 

  La manifestation a commencé par la diffusion d'un document sonore où des personnes ont narré leur parcours de souffrance psychique. Maltraitances, viols, négligences peuvent malheureusement amener à des pathologies psychiques.

  Dans un 2e temps, une infirmière du lycée Bréquigny, un médecin psychiatre, un psychologue et des soignants du CASSAJA (Centre d'Accueil et de Soins Spécialisés pour Adolescents et Jeunes Adultes) ont expliqué les réponses qu'ils apportent aux ados en souffrance.

  On a notamment évoqué le dispositif « SENTINEL », qui permet de lutter contre le harcèlement des élèves. L'originalité de ce dispositif, c'est qu'il implique bien sûr des adultes, mais aussi des élèves. Ces derniers ont pour mission, sans faire de délation, de sonner la sonnette d'alarme, si un de leur camarade commence à être isolé ou victime de harcèlement.

 

Mercredi 18 mars 20h00-22h00 « être parents d'adolescents, ça s'invente »

 

  Cette soirée a été animée par Myriam Perrin, directrice du Centre Psychanalytique de Consultation et de Traitement de Rennes, en présence du Dr S. Caussiol, psychiatre au Centre d'Accueil de Soins Spécialisés pour Adolescents et Jeunes Adultes à Rennes, A.Le Bouetté, psychologue au Service Soins-études du Centre Pédagogique et Médical de Beaulieu à Rennes, M-C. Ségalen, co-fondatrice du dispositif expérimental pour adolescents "Entrevues" à Saint-Malo, G.Cloutour-Monribot, directrice du CPCT-ados à Bordeaux et des parents. Cette manifestation a été l'occasion de parler de l'approche psychanalytique par rapport aux souffrances des ados.

 

  Il est donc intéressant « d'attaquer le problème » par rapport au point de vue des ados, mais aussi des parents. L'originalité du paradigme psychanalytique est basé sur le dynamisme du psychique. À l'inverse d'une certaine psychiatrie, qui émet des diagnostiques statiques et donne une place définitive à un sujet, l'approche psychanalytique, elle, ouvre les possibles. En effet, elle base son analyse sur la singularité du sujet. Cela implique des réponses thérapeutiques non standardisées, pas les mêmes pour tous, pas les mêmes pour chaque type de pathologie. Du coup, il faut inventer et réinventer des solutions thérapeutiques. Il faut aussi inventer les réponses et les attitudes des parents face aux ados. D'où l'intitulé de la soirée « être parents d'adolescents, ça s'invente ».

 

  Il a été aussi question du rapport entre le soignant et le soigné. Est-ce que le thérapeute est là pour corriger le patient ou pour, lui laissant sa liberté, l'amener à découvrir ses propres probématiques ? Et paradoxalement, des fois pour aller mieux, il faut laisser les symptômes augmenter. Plus politiquement, c'est la question de la tolérance qui est posée ? Est-ce que les normes de plus en plus sécuritaires, de contrôle social, sont bénéfiques en psychiatrie ? Faisons une petite digression par rapport à la soirée. Il fut un moment proposé en psychiatrie, sous l'impulsion de politiques, d'installer des caméras dans les unités des hôpitaux psychiatriques. Cela peut paraître secondaire ou pire utile. Mais c'est vraiment méconnaître les troubles psys. En effet, certains malades souffrent de paranoïa, et dans leur « délire » ils interprètent le moindre signe comme la preuve qu'on les persécute. Inéluctablement, les caméras seront un catalyseur de leurs délires et sûrement pas un moyen de faire diminuer les violences, au contraire.

 

  L'approche qui nous a été présentée lors de cette soirée est basée sur la parole et la conviction que la parole peut infléchir, c'est à dire modifier l'orientation, changer l'évolution de tous. Tous les cas qui nous ont été présentés, « les vignettes », nous montre qu'il nous faut laisser du temps, de la rêverie, de la déambulation psychique, s'autoriser. A l'heure du DSM-5 et des protocoles de soins, l'approche psychanalitique continue d'affirmer la singularité du sujet et la complexité des approches thérapeutiques.

 

 

Jeudi 19 Mars 20h-22h « Les outils numériques, ça nous prend la tête »

 

  En présence de Michel Rouzé, coordinateur éducatif du Conseil général d'Ille-et-Vilaine, d'étudiantes en marketing, d'un bénévole de SOS Amitié et d'un volontaire de l'association Atypick.

 

  Quel impact, quelle reconfiguration des problèmes, engendrent l'ère du numérique sur le monde et notamment sur la possible souffrance des ados ? Est-ce qu'internet est un simple outil n'engendrant que des changements de forme ? Ou bien, au contraire, dans une vision à la Mac Luhan, « medium is message », le contenant modifie le contenue ? En effet, on peut considérer qu'internet implique de nouvelles problématiques dans la communication et donc dans la vie des personnnes. Lors de la soirée, il nous a d'abord été rappelé que l'ère d'internet, c'est d'abord un nouveau modèle économique. Ce sont de grosses multinationales qui génèrent d'énormes profits en ayant des positions monopolistiques.

 

  SOS amitié s'est adapté à cette nouvelle donne. En plus, des traditionnels entretiens téléphoniques, elle a développé un service de "chat". En effet, les ados sont habitués et sont très à l'aise avec ce type de communication. Ils se livrent plus, car ils n'entendent pas la voix.

 

  Des infirmiers nous ont parlé d'une nouvelle technique pour enclencher une relation avec des ados totalement repliés. Comment faire sortir de sa chambre un ado qui n'en est pas sorti depuis des années ? Il faut savoir que ce genre de problèmes, sorte de décompensation silencieuse, est parfois insoluble et cause un désarroi profond des parents. Quelle est donc cette nouvelle technique qui réussit où toutes les autres ont échouées ? Et bien l'idée est de recréer un lien par le biais du média des jeux vidéos. La personne va accepter de jouer avec une autre, et petit à petit, un contact va s'établir, puis va se créer un véritable lien social propice à des soins.

 

  Sinon, la soirée a bien sûr était l'occasion de juger les outils numériques. Les spécialistes nous ont montré qu'il ne fallait pas évaluer internet de façon manichéenne. Certes, de nouveaux dangers ont été créés par internet (notamment le cyber-harcèlement). Mais internet est aussi un super moyen pour participer et contribuer à l'élaboration du monde, beaucoup plus facilement.

 

  Peut-être que la question est : comment profiter de ce merveilleux outil de communication sans être soumis à de nouvelles pressions sociales (obligation de répondre à tous les sms, obligation de chater, obligation d'avoir une page personnel sur les réseaux sociaux,etc...) ?

 

Vendredi 20 mars 19h30-21h30 « regards de Stanislaw Tomkiewicz sur l'adolescence »

 

  Le Dr Begué-Simon nous a parlé avec passion de la vie et de l'œuvre de Stanislaw Tomkiewicz. Peut-être que toute la force de « Tom », il l'a tiré des horreurs qu'il a vécues dans le ghetto de Varsovie et dans la déportation.

  Tom voulait absolument devenir médecin. D'ailleurs, son père lui disait souvent : « Tu seras un bon docteur mon fils » Stanislaw Tomkiewicz, homme de grande qualité, plein d'humour et de générosité, passa toute sa vie à aider les plus faibles.

  On remarquera son approche par rapport aux polyhandicapés. Alors que la plupart des soignants les considéraient comme des choses, lui, leur parlait avec considération et affection. Il était persuadé que même s'ils ne pouvaient répondre, ils ressentaient la chaleur humaine, et que cela est la première thérapeutique, la plus efficace.

  Enfin, la résilience a été le concept phare évoqué dans la soirée. Il est relativement récent. Il a notamment été diffusé - pour parler des personnes connues - par le psychiatre Boris Cyrulnick. Il bouscule les concepts figés, fatalistes, comme celui de vulnérabilité. Il est d'abord une interrogation : face à des épreuves très difficiles de la vie, pourquoi la plupart s'effondrent, alors que certains résistent, s'en sortent, « subliment » toutes les adversités et finissent par réussir ?

  La réponse est d'abord plutôt sur les facteurs constitutionnels de la personne : un optimisme, un sens de l'humour, une perspicacité, etc. Mais c'est aussi les rencontres de personnes clés pour l'existence. Par exemple, dans le cas de Tom, alors qu'il est dans le ghetto de Varsovie, il rencontre un psychiatre. En une seule consultation, le docteur capte le désir profond du jeune homme et Tom prend conscience de ce qui va l'animer toute sa vie : devenir médecin pour soigner et prendre soin des autres.

 

Mardi 24 mars 18h30-20h30 « Ceci n'est pas une leçon de conduite »

 

  En présence de Marylin Degrenne, auteur, de professionnels de la MJC Antipode, du CHGR et des CEMEA ( Centre d'Entraînement aux Méthodes d'Education Active).

  Lors de cette soirée, nous nous sommes attachés, notamment, à nous demander ce qui fait « l'adolescence ».

  Pour certains, ce n'est qu'une donnée sociale, une construction sociale. D'ailleurs, une approche historique nous montre que l'adolescence est propre à notre modernité. Par exemple, pendant le moyen-âge, on passe directement d'enfants pris en charge par la mère et les femmes, à travailleurs apprentis dans le monde des hommes. Donc à cette époque, pas d'adolescence.

  Mais revenons à la soirée. À notre époque, vu la structuration de notre société, l'adolescence existe belle et bien. Sur ce thème, nous avons visionné 2 courts-métrages et une vidéo de micros-trottoirs.

  Qu'est-ce qui a changé dans la « condition adolescente ». Sans doute la pression liée à la réussite scolaire. Mais c'est toujours une confrontation à la normalité, que ce soit la découverte de la sexualité ou de l'orientation sexuelle. Ce qui est très dur aussi, c'est que l'identité est en formation. On se confronte aux autres, face aux identités vestimentaires, musicales, sportives, etc... Finalement, l'adolescence, c'est l'histoire, peut-être, d'une personne qui ne veut plus être un enfant, mais qui ne peut pas encore assumer une vie d'adulte.

 

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semaine d'information sur la santé mentale

L'adolescence, parlons-en

Rennes-du 14 au 26 Mars 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                

 

                                                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférences débats de l'unafam bretagne 2014

 

 

  Le vendredi 5 décembre 2014 a eu lieu à Rennes, à la maison de quartier de Villejean, les rencontres thématiques organisés par l'UNAFAM bretagne. Atypick, Espoir 35, la ville de Rennes, le CHGR et l'ARS ont soutenu ou participé à l'évènement. Les « conférences/débats ont eu lieu de 9h à 17h.La journée a commencé par une introduction du délégué régional, jacque et de la délégué 35, nicole.

 

   Le professeur Dominique Drapier, du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l'adulte du CHGR a ouvert les débats, sur le thème « Qu'en est-il de la recherche fondamentale en psychiatrie. Il nous à fait part de l'évolution de la recherche.Notamment, les recherches veulent dépasser la seule étude des relations entre les cellules du cerveau(les neurotransmeteurs), pour rentrer à l'intérieur des cellules et donc avoir une approche plus bio-chimique.Un autre axe très porteur est celui qui s'intéresse aux inflammations,qui en plus de favoriser l'apparition des troubles mentaux pourrait aussi engendrer des troubles somatiques(avec une interaction). En suite le chercheur a évoqué l'épigénétique, en expliquant tout d'abord qu'un trouble mental est bien trop complexe pour être expliquer par un seul gène. En revanche il est très intéressant d'étudier les régions du génome qui pourraient être candidates à des interventions thérapeutiques ultérieurs. Puis le chercheur nous a parlé d'un autre domaine, celui de la recherche en imagerie. En étudiant les bases cérébrales des symptômes, on pourra peut-être dépister les vulnérabilités psy. Mais on ne peut pas encore saisir l'ensemble du fonctionnement mais juste symptôme par symptôme. L'imagerie pourra aussi aider au guide et à la prédiction de réponses au traitement. Toute ces recherches pourront peut-être permettre de créer des médicaments plus précis donc plus efficaces. Le professeur nous a aussi fait part du problème de l'accès à l'IRM pour des troubles psychiques. Les personnes en troubles mentaux passant après les personnes en troubles somatiques. Pour le chercheur la solution serait peut-être de créer des IRM dans les HP. Puis le professeur Drapier nous a parlé des techniques de stimulation. Il a commencé par l'électroconvulsivothérapie(ECT). Il a regretté qu'il y ait de moins en moins d'endroits pour le pratiquer car il manque de plus en plus d'anesthésistes. Pus il a abordé la Stimulation magnétique transcrânienne et la chirurgie fonctionnelle. Après cela, il est sorti des explications biologiques pour nous faire part d'études ayant démontré que le lien social diminu la mortalité des personnes en troubles mentaux. En outre, la vie urbaine a un impact défavorable sur la santé mental.

Enfin, la partie peut-être la plus attendue par le public, le professeur nous a présenté les dernières recherches sur les médicaments.

Il nous a tout d'abord rappeler qu'entre les débuts de recherche sur un médicament et sa commercialisation, il faut attendre longtemps, environ 15 ans. Puis il a fait part de l'échec du

premier médicament au monde, qui a voulu traîter spécifiquement les symptômes négatifs(repli sur soi,etc...) Il ne verra donc pas le jour. Plus généralement, le professeur nous a expliqué que l'avenir de la recherche c'est de dépasser la seule analyse en terme de Dopamine (l'arbre qui cache la forêt)

Pour conclure, le chercheur a démenti que la recherche en psychiatrie est faible. Au contraire, pour lui elle est tès active et concurentiel.

 

  En deuzième partie, le philosophe Bertand Quentin, maître de conférence en philosophie à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée est venu évoquer le thème : « la philosohie face au handicap psychique »Tout d'abord, il a fait un rappel historique. Il a comencé par évoquer l'antiquité. A l'époque c'est plus le handicap physique qui était vilipendé.On pouvait même valoriser la folie, voire la considérer comme divine. Plus tard, Pascal considérera que l'accomplissement humain ne passe pas par l'esprit mais par la charité. Dès lors une personne humaine, même ayant l'esprit altéré, peut «s'élever» en étant charitable. Descartes, lui, considérait l'animal comme une machine, un automate. A sa suite, John lock qui fait une gradation rationnel entre l'homme et la bête, conclut que l'handicapé mental n'est pas tout à fait un homme. Si l'handicapé ne vaut pas plus qu'une bête alors on peut le maltraîter voir l'anéantir(comme firent les nazis). En revanche, Leibniz pense que l'handicapé mental garde une part de raison mais par «eclipse».

Il a évoqué aussi le sociologue Blondel. Celui-ci insiste sur la rencontre avec le poly-handicapé.Même très diminué il peut comprendre des choses et surtout être sensible à l'affection qu'on lui porte(même si il ne le montre pas).

Enfin, le professeur conclut qu'il ne faut pas penser qu'à la différence(droit à la différence etc...)mais aussi penser à la ressemblance. En effet, l'handicapé nous ressemble (en plus fort, en plus exagéré etc...) et c'est ça qui nous fait peur. Ce reflet (de nous même, de nos imperfections, de nos manquements, de notre perte de sens etc...)doit nous amener à considérer l'handicapé comme faisant partie intégralement de l'humanité. Sinon nous perdrions notre propre humanité...

 

  En 3ième partie de la journée, le docteur david Levoyer est intervenue pour évoquer « l'éducation thérapeutique du patient(l'ETP)».

Il nous a fait réfléchir sur la notion de « santé ». Est ce une absence de maladie?Est ce un état de complet bien-être, physique, social et mental? Un retardement de l'apparition de la maladie? Ect..

L'ETP c'est d'abord une autre relation avec les soignants, notamment avec le médecin. Ce dernier ne se contente pas d'asséner un savoir et le patient de le recevoir passivement. Non, il y a une cogestion et un partenariat face à la maladie. Le patient peut donc acquérir un savoir et construire des compétences.Mais en psychiatrie il faut prendre en considération certaines spécificités du patient:comme le possible « bug », l'altération de la machine à penser. Cela nécéssitera donc une adaptation de l'ECT aux troubles mentaux. En outre, divers problèmes peuvent faire échouer l'ETP. Tout d'abord l'anosognosie, c'est à dire la méconnaissance par le sujet de l'affection dont il est atteint. En outre, le manque d'auto-repérage, la difficulté d'initier et d'exprimer une demande, la difficulté pour repérer les intentions d'autrui, une difficulté pour gérer la nouveauté et faire face à l'imprévue, la difficulté pour généraliser, peuvent compliquer l'ETP.

Le Dct Levoyer est très sensible (comme IPR d'ailleur) à l'échange des pratiques et à tout ce qui peut faire profiter des expériences des autres. Il pense que c'est en s'associant(les soignants, les patients, les familles etc...)et en se coordonnant qu'on libérera les talents de tous.

Puis le débat c'est portée sur « le sujet désirant » . Pour le psychiatre il existe toujours mais il peut être enfoui et il s'agit donc de le faire remonter. Enfin, le docteur nous a expliqué que l'ETP n'est pas un produit vendu clé en main. Il est nécessaire de le préparer,

de ne pas « plaquer »les soins sur une personne et donc de faire toujours du sur mesure.

 

 

  Pour terminer les conférences, le Docteur Jacque Derouet est intervenue sur : Qu'en est-il aujourd'hui des thérapies de remédiation cognitive ? Les nouveaux progammes psycho-éducatif du patient » Tout d'abord le psychiatre a tenu a préciser que la psycho-éducation est une formation pas juste de l'information. Elle nécessite que le patient, pour être réceptif, soit relativement stablisé et que si nécessaire, on puisse interrompre le programme pour mieux le reprendre.

Ce qui a été très interessant dans l'intervention du Dct Derouet, c'est qu'il nous a présenté un petit changement de paradigme. En effet, dans les troubles bipolaires on avait tendance à présenter un tableau clinique tel que: des manies(phases d'exitation) et des dépressions. Entre les deux, des intervalles libres avec une absence de symptômes. Le Dct Derouet tord le cou à cette vision, en indiquant que 41% des patients affectés de troubles bipolaires souffrent pendant cette période.Ce sont « des résidus » mais il semblerait qu'ils sont beaucoup plus importants(en souffrance) que ce qui était admis. Les patients seraient affectés d'une « hyper réactivité émotionnel »engendrant anxieté, déprime, petite exitation, TOC ,ect...

  Le Dct Derouet a résumé les différentes étapes d'une psycho-éducation des troubles bipolaires.La première étape est la capacité du patient à lire son humeur. Il peut déterminer de façon adéquat ce qu'est une humeur pathologique. Deuxième étapes le patient doit identifier son propre profil et repérer les signes, personnels, qui annoncent un probable accès. Troisièmement, le patient doit comprendre l'importance des rythmes de vie dans la stabilisation des troubles(ne pas se coucher trop tard, manger à heures régulières etc...)La quatrième étape pourrait être l'implication des familles. Les différents membres de la familles peuvent apprendre à repérer les différents signes d'une possible rechute et ainsi a agir avant qu'il ne soit trop tard.

 

  Enfin, pour courronner la journée, nous avons assisté à une pièce de théatre intitulée « ABILIFAï LEPONEX »interprétée par la compagnie Fouic, écrite et mise en scène par Jean-Christophe Dollé.

La piéce rend très bien compte de l'immense douleur qui affecte les personnes en troubles psychiques tout en montrant la rare poésie de leur déboire.Dans l'assemblée, quelques personnes ont mal reçus la pièce lui reprochant d'être trop sensationnel et surtout d'évoquer la rupture du traitement. Mais le théâtre n'est pas la pour dire ce qu'il faut faire mais juste pour évoquer toute la tragédie et/ou la comédie des vies humaines.

 

  Quelles critiques constructives peut-on faire à ces conférences-débats ?

Tout d'abord même si ces recherches sont très intéressantes il ne faut pas évacuer les doutes. Notamment sur les effets secondaires à long terme de certaines thérapies(ECT,TMS,etc...). Mais surtout aucune techniques(électrique, magnétique, chimique)ne pourra à elle seule venir à bout des troubles mentaux. Il faut aussi « chercher » sur la prise en charge global du patient(le logement, le travail, l'écoute psychothérapeutique, les lieux d'intégration sociale etc...). Nul avancée ne peut se réaliser sans la prise en compte de la dimension sociale des troubles.Et nul avancée dans cette dernière sans une lutte politique. L'unafam réussit à mobiliser beaucoup de familles et c'est très bien. Peut-être obtiendrait-elle plus de résultats si elle posait aussi des questions qui dérangent.Comme par exemple la question du lien entre les troubles mentaux et les poliques économiques libérales. En effet, il semble évident que plus un individu est livré à lui même (avec moins de protection, des contrats précaires, moins de solidarité socialisé,sécu,etc...) plus il risque de souffrir de troubles mentaux.

 

 

 

 

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